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Bulletin Quotidien Europe N° 12668
RÉPONSE EUROPÉENNE À LA COVID-19 / Affaires intÉrieures/tourisme

La future proposition d'un passeport vaccinal numérique au cœur des discussions informelles des ministres du Tourisme

Les ministres européens chargés du Tourisme se sont réunis informellement, lundi 1er mars, à l’initiative de la Présidence portugaise du Conseil de l’UE, désireuse de faire le point, au niveau européen, sur la reprise des voyages et la relance du secteur touristique.

Lisbonne entendait plus précisément « envoyer un message à la Commission », concernant notamment la nécessité de faire reprendre à très court terme les voyages.

Un message qui « a déjà reçu une réponse », s’est félicitée auprès d’EUROPE la secrétaire d’État portugaise au Tourisme, Rita Marques, à l’issue de la réunion.

Le matin même, la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, annonçait en effet, devant les députés allemands, la présentation d'une proposition de passeport numérique vaccinal : un 'digital green pass' visant à « faciliter la libre circulation dans l’UE et le passage aux frontières », a indiqué le porte-parole de l’institution, Eric Mamer, plus tard dans la matinée.

Cette annonce a été le sujet phare de la vidéoconférence des ministres du Tourisme. Elle a été rappelée à cette occasion par le commissaire au Marché intérieur, Thierry Breton, que la Présidence portugaise a encouragé à poursuivre le travail dans ce sens.

D’autres États auraient toutefois exprimé des réserves concernant ce projet de passeport, selon une source institutionnelle.

En revanche, aucun État membre n’a remis en cause la nécessité de revenir à la libre circulation. Tous auraient même fait le vœu de « critères harmonisés, pour permettre la levée des restrictions et la reprise du tourisme dans l’UE », a souligné la secrétaire d’État portugaise.

La proposition attendue pour la mi-mars

La proposition du 'digital green pass' sera présentée le 17 mars et mise sur la table des dirigeants européens le 25 mars, a précisé le vice-président de la Commission, Margarítis Schinás, ce lundi, lors d’une réunion informelle des ministres de la Santé (voir article lié).

Le dossier sera porté par le commissaire Didier Reynders, chargé de la libre circulation. C’est la première fois que la Commission explicite aussi clairement l’usage à des fins de libre circulation de cet outil.

Selon le projet décrit par Ursula von der Leyen sur son compte Twitter, ce passeport vaccinal numérique permettrait de « prouver qu’une personne a été vaccinée, de fournir les résultats de test d’une personne n’ayant pas encore pu être vaccinée et de donner des informations sur le rétablissement médical après avoir contracté la Covid-19 », par exemple sur l’acquisition d’anticorps. Des dispositions de protection des données personnelles y seront associées.

Le recours à cet outil - longuement débattu lors du dernier Sommet informel des dirigeants européens (EUROPE 12666/3) - est particulièrement demandé par les pays du Sud de l’UE, qui veulent une sécurité suffisante pour sauver la saison touristique estivale.

Selon un diplomate, alors que l’été arrive et qu’il faut un certain temps pour préparer cet outil, la Commission est tout à fait dans son droit de mettre déjà ce 'passeport' sur la table, en déterminant les éléments de santé et de protection des données à y intégrer, avec comme perspective de le rendre interopérable entre les États membres.

Le fait qu'un tel passeport ne couvre pas seulement les personnes vaccinées permet aussi de lever les craintes de discrimination, ajoute cette source, même si le taux de vaccination de la population européenne devrait s’être largement amélioré d’ici à cet été, précise-t-elle.

Résoudre les problèmes de solvabilité

Outre la reprise de la mobilité, Lisbonne souhaitait également se faire entendre au sujet de l’aide apportée aux entreprises du secteur touristique - « l’industrie la plus affectée par les mesures restrictives » -, a commenté dans une déclaration le ministre portugais de l’Économie, Pedro Siza Vieira, en amont de la vidéoconférence.

« L’ensemble des États membres a reconnu que les instruments sont déjà là, mais nécessitent d’être étendus, d’être adaptés au secteur touristique », a détaillé la secrétaire d’État portugaise Rita Marques.

Plusieurs possibilités sont envisageables, selon elle. L’une serait de prolonger encore le cadre temporaire pour les aides d’État mis en place en réponse à la pandémie (EUROPE 12639/3). Cette possibilité, qui a fait l’objet d’un large consensus parmi les ministres, n’a pas été commentée par le commissaire Breton, a précisé un fonctionnaire européen.

« Ce que nous essayons de dire, c'est que les problèmes de liquidité pourraient se transformer en problèmes de solvabilité, si rien n'est fait », a insisté Mme Marques. (Agathe Cherki et Solenn Paulic, avec Sophie Petitjean)

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