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Bulletin Quotidien Europe N° 12668
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POLITIQUES SECTORIELLES / Migration

Le président du gouvernement des Canaries appelle l'UE à l'aide

Le président du gouvernement des Canaries, Ángel Víctor Torres, a lancé, lundi 1er mars, en commission des libertés civiles du Parlement européen, un appel à l’aide à l’ensemble des États membres pour faire face à la situation migratoire de ces îles.

La route migratoire de la Méditerranée occidentale est la seule à avoir connu une forte augmentation en 2020. 23 023 migrants et demandeurs d'asile ont en effet débarqué de façon irrégulière sur l'archipel l'année dernière, contre 2 687 en 2019. Près de 3 000 personnes l'ont fait depuis début 2021. La migration vers les îles Canaries a donc été dix fois supérieure par rapport aux années précédentes.

M. Torres a plaidé pour des « mécanismes de redistribution des migrants entre les pays de l’UE » et pour une aide financière accrue afin d'assurer la prise en charge de ces personnes. Il a particulièrement appelé à l’aide sur la question des mineurs non accompagnés, dont le nombre aux Canaries représente un quart de tous les mineurs non accompagnés présents en Espagne.

« Nous n’avons plus de budget » pour gérer ce public, a-t-il dit. Selon lui, « les Canaries, avec 2 millions d’habitants, ne peuvent pas faire face seules à ces arrivées massives ». Et le président du gouvernement des Canaries de marteler : « Il faut une solidarité contraignante. On veut des quotas, des pourcentages [pour la relocalisation, NDLR] et non pas une solidarité à la carte ».

Dans la Pacte sur l’asile et la migration, la Commission propose un système de partenariat pour les retours qui permet de ne pas choisir de relocaliser des demandeurs d’asile. « Il est juste que tous les pays membres participent à une politique commune obligatoire », a encore insisté M. Torres.

Participant à cette audition, la commissaire européenne compétente, Ylva Johansson, a décrit le soutien que la Commission a apporté aux Canaries depuis fin 2020. Notamment, 43 millions d'euros ont été attribués en décembre pour créer en urgence 7 000 places d'accueil supplémentaires.

Cette route est devenue la plus importante en 2020 et aussi la plus « mortelle », a noté Mme Johansson. 500 personnes y auraient perdu la vie sur le seul mois de novembre 2020.

Si la commissaire a évoqué les différents plans d’action pour lutter contre les passeurs, notamment avec le Maroc et la Mauritanie, certains élus ont toutefois douté de la qualité de la coopération, par exemple entre l’Espagne et le Maroc.

D'autres élus, comme Pietro Bartolo (S&D, italien), ont plaidé pour une relocalisation obligatoire de migrants entre les États membres, alors que, pour l’Espagnole Sira Rego (La Gauche), la recrudescence des flux observée sur cette route migratoire est imputable aux activités de l'agence Frontex qui détourne les routes traditionnelles.

« Il faut ouvrir des voies de migration légale » vers l’UE avec ces pays pour éviter que ces personnes prennent une route dangereuse, a estimé la commissaire. Il est « clair que nous avons besoin de solidarité obligatoire, ce n’est pas assez » actuellement, a-t-elle conclu. (Solenn Paulic)

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