Le porte-parole du Service européen pour l’action extérieure a fait part, jeudi 4 février, de la sérieuse préoccupation de l’UE concernant « l'évolution négative » de la situation en Turquie dans les domaines de l'État de droit, des droits de l'homme et du système judiciaire.
Il a en particulier estimé que la détention de plus d'une centaine d'étudiants « exerçant leur droit légitime » à la liberté de réunion et la décision du gouverneur d'Istanbul d'interdire toutes sortes de réunions, manifestations et marches dans deux districts à proximité de l'université de Boğaziçi constituaient « une évolution profondément préoccupante» et allaient à l'encontre de l'engagement des autorités en faveur de réformes visant à se rapprocher des valeurs et des normes de l'UE.
Les autorités turques ont interpellé, le 1er février, 159 étudiants réclamant notamment la libération de quatre étudiants arrêtés pour avoir accroché un tableau représentant un site sacré de l'islam orné de drapeaux arc-en-ciel, symbole associé à la communauté LGBT.
« Les discours de haine de hauts fonctionnaires à l'encontre des étudiants LGBTI lors de ces événements et la fermeture d'une association LGBTI sont inacceptables », a ajouté le porte-parole. Le ministre de l’Intérieur turc a notamment qualifié ces quatre étudiants de « détraqués ».
Le porte-parole a appelé la Turquie à libérer les personnes détenues arbitrairement pour avoir exercé leur droit de réunion pacifique.
Le ministre des Affaires étrangères turc a dénoncé les critiques internationales. « Nous recommandons à ceux (…) ayant l'intention de donner des leçons à la Turquie sur la démocratie et le droit de se regarder dans le miroir. Personne ne doit dépasser ses limites et s'immiscer dans les affaires intérieures de la Turquie », a prévenu le ministère. Selon lui, certains groupes, qui ne sont pas de l'université et qui sont affiliés à des organisations terroristes, ont tenté de s'infiltrer et de provoquer les événements. (Camille-Cerise Gessant)