11 députés de la commission 'Industrie, recherche et énergie' (ITRE) du Parlement européen ont écrit, mardi 4 août, à la commissaire européenne chargée de la Jeunesse et de l’Innovation, Mariya Gabriel, et à la ministre allemande de l’Éducation et de la Recherche, Anja Karliczek, afin que la recherche et l'innovation aient toute leur place dans les plans de relance nationaux.
Inquiets « quant à l'avenir de l'innovation et de la science dans l'UE », ils plaident pour que les investissements dans la recherche et l’innovation (R&I) soient encouragés au niveau européen, notamment dans le cadre de l'élaboration des plans de relance nationaux qui permettront aux États membres de bénéficier de l’instrument Next Generation EU.
Les signataires - issus du S&D, de Renew Europe et du PPE - estiment pour l'heure que l'UE « sous-investit » dans la R&I. Un sous-investissement qui pourrait être accentué par les coupes budgétaires annoncées.
Les négociations qui ont mené le 21 juillet à un accord entre les dirigeants européens sur le Plan de relance et le futur cadre financier pluriannuel (EUROPE 12532/2) se sont, en effet, soldées par d'importants coups de rabot pour le secteur (EUROPE 12532/6).
Les Vingt-Sept ont opté pour que 80,9 milliards d’euros soient alloués au programme de recherche Horizon Europe (dont 5 milliards au titre de Next Generation EU), soit une somme nettement en deçà de celle proposée par la Commission (94,4 milliards d'euros, dont 13,5 milliards via Next Generation EU) et qui « ne représente qu'environ deux tiers du financement de la R&I demandé par le Parlement », regrettent les députés dans leur lettre.
Craintes. Ils rappellent en outre que l’engagement des États membres a investir 3% du PIB dans ce secteur n’a jamais été honoré. « En 2018, les dépenses en matière de R&I dans l'UE représentaient encore à peine 2% du PIB […] tandis que la Chine et les États-Unis y consacraient respectivement 2,2% et 2,8% de leur PIB », détaillent les députés.
Ces derniers craignent qu’un tel manque d’investissement place l'UE dans une position désavantageuse sur la scène mondiale et ait des conséquences néfastes sur sa compétitivité à long terme.
Par ailleurs, ils redoutent que, sans « investissements substantiels et une coopération scientifique renforcée », les objectifs du Pacte vert et de la transition numérique ne soient pas atteints et que la sortie de crise soit plus difficile encore. Les ministres européens avaient eux-mêmes reconnu que la R&I serait un secteur clé pour la relance qui s’amorce (EUROPE 12496/6).
La « Covid-19 a également montré qu'il est nécessaire de renforcer la souveraineté technologique européenne », assurent les députés. Un constat que soutient depuis plusieurs mois déjà la commissaire Gabriel.
Rappelant que le Parlement n’acceptera pas l’accord politique tel qu’il se présente (EUROPE 12533/1), les signataires assurent, enfin, qu’un engagement des États à mettre l’accent sur la R&I dans les plans de relance qu’ils présenteront « faciliterait la conclusion d'un accord entre les colégislateurs » sur le CFP 2021-2027.
Pour consulter la lettre : https://bit.ly/2XrG2mb (Agathe Cherki)