La présidente de la commission des transports (TRAN) au Parlement européen, Karima Delli (Verts/ALE, française), décidée à « imposer le fret ferroviaire au niveau européen », a convoqué, mardi 5 mai, une réunion à ce sujet avec les représentants des principales entreprises concernées.
Mme Delli et ses interlocuteurs – parmi lesquels la SNCF, la Deutsche Bahn ou encore Renfe – sont convenus de « mettre en œuvre un Plan Marshall », a annoncé la présidente de la commission TRAN à la presse, mercredi 6 mai.
« Cette coalition », a-t-elle expliqué, entend accroître partout en Europe le transport de marchandises par le train. L’objectif d’une telle entreprise ? Se conformer aux objectifs du Pacte vert européen.
« Le fret ferroviaire émet neuf fois moins de gaz à effet de serre que le fret routier », souligne Karima Delli, déplorant que les plans d’aide mis en œuvre actuellement par les gouvernements nationaux pour faire face à la crise profitent davantage aux secteurs routier et aérien, plus polluants.
Quels axes de travail ? Les participants à la réunion ont naturellement estimé qu’il serait nécessaire d’investir massivement dans le secteur du fret ferroviaire, afin d’aider celui-ci à surmonter la crise, et de débloquer des fonds supplémentaires pour les opérateurs de fret.
Parmi les pistes de travail envisagées ont également été identifiées la formation de nouveaux employés et la numérisation du secteur. « Pour que le fret ferroviaire soit le plus vert et efficace possible, les nouvelles technologies devront faire partie de la solution », a encore souligné Karima Delli.
Un appel signé par les parties prenantes de ce projet, détaillant leurs attentes à la Commission et aux États membres, devrait être publié en début de semaine prochaine.
Pour la suite des opérations, la présidente de la Commission TRAN évoque une possible « résolution pour mettre la pression sur la Commission européenne et envoyer un message clair au Conseil » ou « une négociation avec la Commission afin que celle-ci propose un texte fort ».
Stratégie européenne. Libor Lochman, directeur exécutif de la Communauté européenne du rail (CER), présent lors de la réunion ce mardi, plaide pour « une stratégie durable et innovante » de l’UE pour le fret ferroviaire.
Une stratégie « qui tienne compte de la situation de crise actuelle et qui soit claire sur le rôle que le fret ferroviaire devrait jouer à l'avenir », a-t-il précisé mercredi 6 mai, dans le cadre d’une conférence consacrée au transport de marchandises.
Du côté des ministres européens, quelques-uns ont déjà fait preuve d’un certain intérêt pour la question lors du dernier Conseil 'Transports' (EUROPE 12478/3).
Le Luxembourgeois François Bausch avait ainsi insisté sur l’importance d'investir dans des projets ferroviaires. La France, l'Allemagne, l'Espagne et l'Italie, selon une note du secrétaire d’État français chargé des Transports, Jean-Baptiste Djebbari, avaient également « appelé l'UE à soutenir financièrement le secteur du fret ferroviaire, en particulier ses opérateurs » considérés comme un vecteur essentiel pour l'industrie européenne et la transition écologique. (Agathe Cherki)