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Bulletin Quotidien Europe N° 12444
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ACTION EXTÉRIEURE / Ouganda

Lancement de la plateforme euro-ougandaise SB4U pour un entrepreneuriat durable

Les autorités ougandaises et l'Union européenne ont acté, mardi 10 mars à Kampala, le lancement de la plateforme pour un entrepreneuriat durable en Ouganda (SB4U).

Cette initiative vise à rassembler autour de la même table le secteur public et privé tant ougandais qu'européen afin d'identifier les obstacles majeurs au commerce bilatéral et à l'investissement européen en Ouganda en prenant des initiatives pour y remédier sur la base d'une feuille de route déjà existante.

Cette plateforme innovante, inédite en Afrique, aura la responsabilité de faciliter l'entrepreneuriat et la création d'emplois en Ouganda. Elle s'intègre dans un programme plus vaste dans ce domaine financé à hauteur de 100 millions d'euros sur cinq ans par le Fonds européen de développement. Deux millions issus de cette enveloppe financeront un secrétariat permanent chargé de préparer et d'accompagner les travaux des participants à la plateforme, qui se réuniront quatre fois par an. L'objectif est qu'au bout de cinq ans, cette plateforme soit autofinancée par le secteur privé.

Participe du côté ougandais la Fondation pour le secteur privé, qui regroupe les plus grosses entreprises nationales. En revanche, du côté européen, le choix s'est porté non pas sur les responsables d'antennes de grands groupes, mais sur des chefs d'entreprises de taille moyenne. Ainsi, ont été sollicités : la Néerlandaise Inez van Oord, qui représente les entreprises néerlandaises en Ouganda, l'Irlandais Bernard Wright, directeur de l'entreprise de services satellitaires Geo Gecko, et le Danois Dan Kaagaard, président de Riis Coffee Group.

Lors de la cérémonie clôturant le 1er Forum entrepreneurial entre l'Ouganda et l'Union européenne (EUROPE 12442/2), l'ambassadeur de l'UE en Ouganda, Attilio Pacifici, a salué la demande de renouveau dans les relations euro-ougandaises, reconnaissant que l'approche européenne avait été jusqu'à présent « un peu trop traditionnelle », car basée davantage sur la coopération et le développement que sur l'essor des échanges commerciaux. Or, l'intérêt entrepreneurial est vif : en témoigne le nombre de participants au forum, a-t-il noté, en annonçant qu'une telle initiative se reproduirait à l'avenir.

M. Pacifici a évoqué les résultats d'une enquête réalisée auprès des 107 entreprises européennes actives dans le pays. « Ces entreprises sont prêtes à investir 646 millions d'euros dans les cinq prochaines années. Elles ont créé jusqu'à présent plus de 32 000 emplois et investi 1,5 milliard d'euros ».

Les préoccupations principales des entreprises européennes implantées en Ouganda concernent la formation professionnelle, l'accès aux financements ainsi que la gouvernance et la corruption. L'UE et l'Ouganda sont d'ailleurs en train de mettre en place, au sein du secrétariat de la plateforme, un mécanisme pour permettre à des lanceurs d'alertes de dévoiler des cas de corruption au sein de l'administration ougandaise. Ce mécanisme aurait plus vocation à informer à des fins statistiques qu'à punir, selon nos informations.

Clôturant le forum, le président ougandais, Yoweri Museveni, a invité les entreprises européennes à investir en Ouganda et en Afrique, « un marché de 2,5 milliards de personnes d'ici trente ans ». Il a vu d'un bon œil l'objectif, à terme, de mettre sur pied une zone panafricaine de libre-échange pour remédier à la fragmentation actuelle.

Selon M. Museveni, l'UE et l'Ouganda devraient focaliser leurs efforts sur « la question non controversée de l'entrepreneuriat » plutôt qu'évoquer des questions sociétales comme l'homosexualité. L'objectif, a-t-il ajouté en prenant l'exemple du commerce international du coton, est de permettre aux entreprises basées dans son pays de monter en gamme au lieu de se contenter du travail de la matière première.

Au pouvoir depuis 1986, le président ougandais a vanté les mérites de son pays politiquement stable et disposant d'institutions en capacité de faciliter l'essor du secteur privé. Outre le déploiement d'infrastructures, il a pointé plusieurs facteurs qui compliquent et renchérissent les coûts des entreprises : la formation, la corruption, le loyer de l'argent. À ce titre, il a accusé les banques, qu'il a toujours refusé de privatiser, d'être « des parasites » qui favorisent l'usure et une culture d'importation.

Le cadre réglementaire constitue un autre « grand défi », a considéré Elly Karuhanga, président de la Fondation ougandaise pour le secteur privé, citant l'exemple de textes législatifs nécessitant trois ans de travaux avant leur adoption. (Mathieu Bion)

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