Le gouvernement autrichien de Sebastian Kurz a notifié, mercredi 11 mars, à la Commission le rétablissement de contrôles temporaires aux frontières intérieures de Schengen en lien avec le coronavirus. Ces contrôles porteront sur la frontière avec l’Italie, seules les personnes en provenance d’Italie avec un certificat de santé attestant une non-contamination par le virus pouvant se rendre en Autriche. Ces contrôles au col du Brenner, à la frontière avec l'Italie, sont justifiés au titre de l'article 28 du Code Schengen. Ils portent sur des contrôles sur 10 jours, renouvelables pendant deux mois.
De leur côté, le gouvernement hongrois et le gouvernement maltais ont, eux aussi, annoncé dans la journée du 11 mars des mesures exceptionnelles, avec des interdictions d’entrée de citoyens de l’UE comme les Italiens, mais aussi les Français et les Allemands à Malte. Les ressortissants hongrois revenant de pays à risques seront mis en quarantaine, a indiqué Budapest, qui a décrété l’état d’urgence.
La Commission a par ailleurs tenu mercredi matin la troisième visioconférence avec les pays membres et associés de Schengen. Les pays ont présenté les mesures prises aux points de frontières ente identification des passagers à risques, prise de température et information des voyageurs. La prochaine visioconférence aura lieu le 18 mars.
Vendredi 13 mars, une discussion aura lieu parmi les ministres de l’Intérieur de l’UE réunis à Bruxelles sur ces mesures de contrôle aux frontières intérieures permises par le Code Schengen, la santé étant un critère pouvant justifier des contrôles au même titre que les troubles de l’ordre public ou les menaces à la sécurité intérieure.
La discussion aura pour but d’appeler les États membres à se coordonner s’ils envisagent de faire des contrôles sur les personnes. La réunion était maintenue mercredi soir, en dépit de l'épidémie liée au Covid-19, mais, selon une source, plusieurs délégations auraient exprimé leur souhait qu'elle se fasse en visioconférence. (Solenn Paulic)