Le président du Conseil européen, Charles Michel, va poursuivre, durant la semaine du 10 au 14 février, ses consultations avec certains chefs d’État ou de gouvernement de l’UE sur le cadre financier pluriannuel (CFP) de l’UE pour 2021-2027. Le 12 février, le Parlement européen aura un débat sur la préparation du Conseil européen du 20 février sur le CFP (voir autre nouvelle).
Le président du Conseil européen pourrait présenter, en fin de semaine prochaine, une proposition de compromis sur le prochain CFP, en fonction des résultats des réunions bilatérales tenues avec chacun des dirigeants de l’UE sur ce dossier sensible.
Le projet de compromis devrait être discuté par les ministres lors d’un Conseil 'Affaires générales', lundi 17 février, avant les négociations au plus haut niveau, le 20 février.
La volonté existe, du côté de Charles Michel, d’amener les dirigeants de l’UE à un accord sur le CFP le 20 ou le 21 février, notamment pour ne pas mettre en péril le démarrage des nouveaux programmes de l’UE à compter de janvier 2021.
Certains chefs d’État ou de gouvernement de l’UE ont certes des doutes sur les chances de boucler un accord dès le 20 février (EUROPE 12420/3), car l’histoire a montré qu’il fallait généralement deux sessions du Conseil européen pour y parvenir.
Ce qui est certain, c’est que les négociations s’annoncent particulièrement ardues, en raison notamment des effets budgétaires du départ du Royaume-Uni de l’UE, à savoir la perte de 12 milliards d’euros par an de contribution au budget de l’UE.
Durant la semaine du 10 au 14 février, Charles Michel rencontrera notamment le président français, Emmanuel Macron, la chancelière allemande, Angela Merkel, ou encore le Premier ministre irlandais, Leo Varadkar.
Vendredi, Charles Michel a rencontré Marjan Šarec, le Premier ministre slovène. M. Šarec a réitéré son opposition au compromis finlandais présenté en décembre (1,07% du RNB). « Nous ne sommes pas d'accord sur les réductions proposées. La politique de cohésion est d'une importance capitale pour nous et c’est sur quoi nous allons insister lors des négociations au Conseil européen », a-t-il déclaré après leur entrevue. La proposition finlandaise se traduirait par une baisse de 28% des crédits 'cohésion' de la Slovénie, par rapport à la période actuelle.
Vendredi, M. Michel a également rencontré le président roumain, Klaus Iohannis, et il s'entretiendra samedi 8 février avec le Premier ministre croate, Andrej Plenković.
Un débat très compliqué. Après une réunion, vendredi 7 février à Tallinn, du Conseil des ministres baltes, Jüri Ratas, Premier ministre de l'Estonie, a estimé qu’un accord sur le CFP devait, selon lui, intervenir le plus rapidement possible. Il a reconnu toutefois que le Conseil européen du 20 février serait « très compliqué, car les positions des pays sur la taille du budget sont très différentes ».
Le commissaire au Budget, Johannes Hahn, et les Premiers ministres baltes (Estonie, Lituanie et Lettonie) ont eu un déjeuner de travail sur le CFP, vendredi, dans la capitale estonienne.
Jüri Ratas a évoqué le besoin de poursuivre les financements au titre de la politique de cohésion.
Arturs Krišjānis Kariņš, Premier ministre de Lettonie, a insisté sur l’unité qui existe entre les pays baltes.
Saulius Skvernelis, Premier ministre de la Lituanie, s’est montré « inquiet » en ce qui concerne les chiffres sur la table prévoyant des réductions après 2020 des crédits agricoles et au titre de la politique de cohésion. Il a dit espérer que les dirigeants de l’UE arriveront à des décisions « équilibrées » sur le prochain CFP.
Le commissaire Hahn, lui aussi, a reconnu les différences des positions au sein du Conseil européen sur la taille du prochain CFP, mais il s’est montré « rassuré et inspiré » par les positions affichées par les États baltes sur les besoins pour les dépenses traditionnelles (agriculture, cohésion) et les nouvelles (climat, migrations…)
M. Hahn a justifié le besoin de procéder à des « réductions modérées » des crédits de la cohésion post-2020, en raison du Brexit. (Lionel Changeur)