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Bulletin Quotidien Europe N° 12355
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / Climat

En attendant le 'Green Deal' européen, les eurodéputés se saisissent de l'urgence climatique et écologique

La plupart des députés européens ont demandé que l'UE agisse plus résolument et rapidement pour contribuer à endiguer la crise climatique et écologique, à l'occasion d'un débat d'actualité, mercredi 23 octobre, inscrit à l'ordre du jour de la session plénière du Parlement à la demande du groupe S&D. Ce dernier était déçu que le Conseil européen, la semaine dernière, n'ait pas donné l'élan qu'il espérait (EUROPE 12352/5).

Action radicale, ambition et opportunités à saisir ont été les mots d'ordre de ce groupe politique pour que l'UE soit à l'écoute des jeunes et le chef de file mondial de la neutralité climatique socialement juste à l'horizon 2050, mais aussi pour qu'elle relève son objectif 2030 à une réduction d'au moins 55% de ses émissions. De nombreux députés ont cité les rapports du GIEC tant sur le 1,5 degré C que sur les océans.

Les groupes CRE et ID ont été les seuls à vilipender un discours européen « irréaliste » ou « idéologique ». 

« La crise climatique, l'urgence climatique sont abordées dans la rue et au Parlement. Assez de rhétorique creuse ! Il faut des mesures contraignantes qui fassent la différence. Nous demandons un plan ambitieux », a lancé Miriam Dalli (S&D, maltaise), dans un hémicycle clairsemé. 

La transition des combustibles fossiles à l'énergie propre, des modèles agricoles durables, un plan de lutte contre la déforestation et de reforestation, des investissements dans les nouvelles technologies pour s'attaquer au problème de l'eau, un fonds de transition juste suffisamment doté, le choix de nouvelles sources alimentaires et des réductions d'émission accélérées ont été les mesures souvent citées.

Entre les climatosceptiques et ceux qui recommandent aux citoyens modestes d'acheter une Tesla, Esther de Lange (PPE, néerlandaise) a plaidé pour « non seulement verdir l'Europe, mais la doter d'une stratégie industrielle forte pour une industrie plus efficace qui préserve les emplois ».

Selon Soraya Rodriguez Ramos (Renew Europe, espagnole), « tous les gouvernements doivent agir très rapidement. » 

Au nom du Conseil, la ministre finlandaise Tytti Tuppurainen a souligné que l'ampleur des mutations sociétales et économiques nécessitera la mise à contribution de tous les secteurs - sujet débattu au Conseil de l'UE depuis novembre et qui pourrait déboucher sur un « Conseil européen très important » en fin d'année.

Norbert Lins (PPE allemand) a plaidé pour que l'on « arrête de diaboliser certains acteurs ou secteurs », citant notamment les agriculteurs frustrés qu'on les pointe du doigt, « alors qu’agriculture et sylviculture stockent 10% des émissions UE » et qu'à son avis, un mécanisme d’incitation européen pourrait être envisagé.

Évoquant le futur 'Green Deal' européen promis par la présidente élue de la Commission, Ursula von der Leyen, le commissaire Günther Oettinger (qui remplaçait son collègue Miguel Arias Cañete) a insisté sur la nécessité d'évaluations d'impact et a suggéré, parmi les mesures envisageables, de miser sur les technologies modernes grâce à Horizon Europe, le retrait de quotas du marché du carbone pour augmenter le prix de la tonne de CO2, les accords commerciaux avec les pays tiers à utiliser comme levier, l'extension de l'ETS aux transports, aux bâtiments.

« Quand je vous entends, je ne vois pas l'urgence. Vous parlez d'objectifs fixés il y a cinq ans. L'urgence doit être visible dans l'action de la Commission et du Conseil », a rétorqué Bas Eickhout (Verts/ALE, néerlandais), critiquant « les vœux pieux de la réforme de la PAC et les chapitres volontaires des accords commerciaux ». Même frustration chez Marisa Matias (GUE/NGL, portugaise), qui a qualifié l'ETS et les accords commerciaux de « vieilles solutions qui ont mené à la catastrophe ». Selon Anja Hazekamp (GUE/NGL, néerlandaise), il faudrait déclarer « l'état d'urgence pour le climat et la biodiversité ».

« Comment mobiliser 1000 milliards d'euros d'investissements pour le climat alors qu'on est incapables de financer le fonds vert ? » a demandé Catherine Griset (ID, française). (Aminata Niang)

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