Les ministres des Finances des pays du G20 ont préconisé, vendredi 18 octobre à Washington, d’évaluer en profondeur les risques liés aux cryptomonnaies stables (‘stable coins’), comme le Libra de Facebook, avant leur lancement.
« Tout en reconnaissant les avantages potentiels de l'innovation financière, nous convenons que les cryptomonnaies stables et autres arrangements semblables ayant une incidence systémique potentielle entraînent un ensemble de risques graves en matière de politiques publiques et de réglementation. Ces risques (…) doivent être évalués et traités de manière appropriée avant que ces projets puissent être mis en œuvre », indique le communiqué de la présidence japonaise du G20, publié à l'issue de la réunion.
Le communiqué salue en outre les travaux du Conseil de stabilité financière (CSF) en la matière (EUROPE 12351/15). Dans une note transmise aux ministres, le CSF indique qu’« une approche efficace en matière de réglementation et de surveillance doit permettre d'identifier, de surveiller et de traiter les risques potentiels dans une gamme raisonnable de scénarios et de cas d'utilisation ». Une telle approche exige, selon lui, une compréhension claire des composantes individuelles des cryptomonnaies stables et de leur interaction, y compris d’un point de vue juridique.
Le CSF propose donc d'examiner les approches actuelles en matière de surveillance et de réglementation afin de déterminer si elles sont adéquates et efficaces pour répondre aux préoccupations relatives à la stabilité financière. Il donnera, sur cette base, des conseils au G20 sur les besoins d'éventuelles mesures multilatérales, y compris sur un cadre réglementaire, dans son rapport final qui devrait voir le jour en juillet 2020.
Le G20 a par ailleurs demandé au FMI d’examiner les implications macroéconomiques des cryptomonnaies stables, y compris les questions de souveraineté monétaire dans ses pays membres.
Paris, Berlin et Rome veulent interdire le Libra
Jeudi 17 octobre, les ministres des Finances des pays du G7 étaient déjà convenus, dans une déclaration de la Présidence française, qu'aucun projet de monnaies numériques stables ne devrait être lancé tant que les problèmes et les risques juridiques, réglementaires et de surveillance n'auront pas été réglés de manière adéquate (EUROPE 12352/14).
Mais certains pays semblent vouloir aller encore plus loin et plus vite. La France, l'Italie et l'Allemagne préparent ensemble une série de mesures pour interdire dans l’Union européenne la cryptomonnaie stable de Facebook, le Libra, a annoncé vendredi le ministre français des Finances, Bruno Le Maire, en conférence de presse.
Face au scepticisme grandissant des régulateurs et des gouvernements - et après que plusieurs de ses partenaires ont décidé de quitter le projet - Facebook serait en train d’envisager une nouvelle version du Libra.
Selon l’agence Reuters, David Marcus, qui dirige le projet Libra pour Facebook, a déclaré, dimanche, lors d'un séminaire bancaire, que l'initiative pourrait utiliser différentes cryptomonnaies basées sur différentes monnaies nationales, au lieu du panier synthétique proposé initialement. (Marion Fontana)