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Bulletin Quotidien Europe N° 12344
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INSTITUTIONNEL / Royaume-uni

Les esprits s'échauffent à dix jours d'un sommet européen capital sur le Brexit

Le président sortant du Conseil européen, Donald Tusk, a mis de côté le langage diplomatique, mardi 8 octobre, et critiqué sans détour le Premier ministre britannique, Boris Johnson, pour son inconscience vis-à-vis des enjeux entourant les modalités du Brexit, prévu, à ce stade, fin octobre.

Ce qui est en jeu, ce n'est pas de gagner à un jeu « stupide » qui consisterait à rejeter sur le camp d'en face la faute d'une sortie sans accord du Royaume-Uni de l'Union européenne, a déclaré M. Tusk via Twitter. Et d'ajouter : « Ce qui est en jeu, c'est le futur de l'Europe et du Royaume-Uni, ainsi que la sécurité et les intérêts de nos citoyens. Vous ne voulez pas d'un accord ? Vous ne voulez pas d'une extension [des délais de négociation] ? Vous ne voulez pas révoquer [l'article 50 pour mettre fin au Brexit] ? Quo vadis ? »

Pour le ministre irlandais des Affaires étrangères, Simon Coveney, cette sortie témoigne d'une « frustration » grandissante dans l'UE vis-à-vis de la propension du gouvernement britannique à rejeter la faute sur l'UE de l'impossibilité de parvenir à un Brexit ordonné aux conditions avancées par Londres. « Nous restons déterminés à finaliser un accord juste menant au Brexit, mais nous avons besoin d'un gouvernement britannique qui souhaite vraiment travailler avec l'UE pour y parvenir », a-t-il indiqué.

La presse britannique s'est fait l'écho d'une conversation téléphonique franche, mardi matin, entre M. Johnson et la chancelière allemande, Angela Merkel, à l'issue de laquelle les autorités britanniques auraient conclu qu'un accord était presque impossible à trouver en raison des conditions fixées par l'UE.

Alors que les discussions entre les deux parties se sont poursuivies à Bruxelles au niveau technique, le gouvernement irlandais a annoncé des mesures à hauteur d'un milliard d'euros - dont 650 millions pour les opérateurs économiques - dans le cadre de son budget 2020, afin de faire face aux conséquences d'un éventuel Brexit sans accord. (Mathieu Bion)

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