Six mois après le déclenchement de la clause de sauvegarde réintroduisant les droits de douane normaux sur le riz Indica, le marché européen subit de plein fouet les effets négatifs des importations à droit nul de riz blanchi Japonica birman, alertent les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca), dans un courrier adressé le 1er juillet au commissaire Phil Hogan (EUROPE 12170/21).
Les organisations agricoles de l’UE jugent donc « essentiel et urgent de protéger le secteur européen du riz » contre les importations de riz blanchi Japonica birman, qui, selon les chiffres des services de la Commission, ont atteint 58 029 tonnes (t) sur les neuf premiers mois de 2018/2019, contre 24 014 t au cours de la même période de la campagne précédente et 4 917 t en 2016/2017.
Cette « croissance exponentielle », favorisée par des prix bien au-dessous des prix européens, pourrait, si elle se poursuit à ce rythme, « entraîner l’effondrement de la production de riz Japonica dans l’UE », variété qui représente actuellement 75 % de la production communautaire totale et pour laquelle l’Union est autosuffisante, explique le Copa-Cogeca. Il critique aussi « l’impact cumulé » d’autres concessions commerciales de l’UE dans le secteur du riz : 80 000 t par an dans le cadre de l’accord avec le Vietnam et 60 000 t au bout de six ans (accord UE/Mercosur). (Lionel Changeur)