Le statu quo « ne peut plus continuer », a réagi, ce vendredi 5 juillet, l’envoyé spécial pour la Méditerranée du Haut-commissariat aux Nations Unies, Vincent Cochetel. Il s’exprimait au lendemain de la découverte d’un nouveau naufrage entre la Libye et la Tunisie, survenu le 3 juillet au soir, suite auquel 80 personnes seraient portées disparues, selon deux survivants. « Personne ne met sa vie et celle de sa famille en danger lors de ces voyages en bateau désespérés, à moins de penser qu'il n'a pas d'autre choix. Nous devons proposer aux personnes des alternatives significatives qui les empêchent d’avoir à monter sur un bateau en premier lieu », a commenté le responsable.
Des pêcheurs tunisiens seraient passés à proximité du naufrage et auraient récupéré trois personnes, dont une est décédée à l’hôpital, relate le UNCHR, qui a fait savoir qu’il avait aussi libéré le 5 juillet 29 réfugiés du centre de détention de Gharyan, à 90 km au sud de Tripoli.
Ce naufrage survient alors que les Européens connaissent encore des tensions quant à la réponse à apporter aux ONG secourant des migrants. Le 5 juillet, Malte avait fini par trouver un accord avec l’Italie pour aller chercher et accueillir sur son sol les 54 à 55 migrants recueillis par l’ONG Mediterranea, alors que Rome refusait de les laisser débarquer à Lampedusa. En échange, l’Italie accueillerait 55 migrants déjà à Malte. (Solenn Paulic)