Les Vingt-sept se sont très brièvement penchés, vendredi 21 juin, sur l’état d’avancement du projet de sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne.
Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a souligné que cette discussion avait été l’occasion de rappeler que l’UE reste ouverte à des changements dans la déclaration politique sur les relations bilatérales post-Brexit, si « la position du Royaume-Uni évolue ». « Nous voulons éviter un Brexit désordonné et établir une relation future aussi étroite que possible avec le Royaume-Uni », a-t-il dit. Et de préciser : « L’accord de retrait n’est pas ouvert à la renégociation ».
La Commission a également informé les Vingt-sept de l’état de préparation de l’UE à un scénario éventuel de sortie sans accord. Mais il n'y a pas eu de discussion sur ce qui se passera au 31 octobre, date à laquelle expirera l’extension du délai accordée au Royaume-Uni en avril dernier pour réussir une sortie ordonnée (EUROPE 12233/1).
La veille, le Premier ministre irlandais, Leo Varadkar, avait affirmé que la patience des Vingt-sept était arrivée à son terme et qu’il existait une grande « hostilité » des leaders européens quant à une possible nouvelle extension des délais inscrits à l'article 50 du traité après le 31 octobre.
Cette hypothèse n’a pas été discutée, vendredi, mais le Premier ministre irlandais a rappelé, à l’issue des travaux, qu’il fallait discuter de tout cela avec le prochain Premier ministre britannique, et notamment de la question du filet de sécurité ('backstop') destiné à empêcher le retour d'une frontière physique entre l'Irlande et l'Irlande du Nord, une question qui, selon M. Varadkar, ne peut pas être « rouverte ».
« J’ai hâte de rencontrer le (futur) Premier ministre et d’entendre s’il a de nouvelles idées », a ajouté l’Irlandais, alors que la course finale pour la succession de Theresa May se jouera entre Boris Johnson et Jeremy Hunt.
Plusieurs dirigeants ont souhaité mettre sur pied une « bonne coopération » avec le futur leader britannique, comme la chancelière allemande, Angela Merkel. Madame May « a été d’une formidable loyauté et a fait preuve de respect, elle n’a jamais cherché à bloquer l’Europe », a noté le président français, Emmanuel Macron. « Je ne sais pas qui arrivera ensuite. Mais j’espère qu'il aura le même esprit de sérieux et de responsabilité », a-t-il indiqué. (Solenn Paulic avec la rédaction)