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Bulletin Quotidien Europe N° 12243
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The B-word : la newsletter d’Agence Europe sur le Brexit / The b-word

Le problème avec le Brexit

Alors que le Royaume-Uni est toujours en proie à des querelles politiques au sujet du Brexit, les problèmes qui précédaient le référendum prennent de l’ampleur. 

Prenons l’Irlande du Nord : la frontière pourrait être l’enjeu des négociations sur le Brexit, mais le pays est dépourvu de gouvernement depuis plus de deux ans, laissant l’économie et le processus de paix en suspens. Bien que le Brexit ne soit pas responsable de cette impasse politique, il mobilise la majorité des efforts politiques et a bouleversé le rapport de force (étant donné le soutien du parti unioniste démocrate au gouvernement britannique minoritaire). 

Cette semaine, lors des funérailles de Lyra McKee, journaliste de Belfast assassinée, un prêtre a demandé pourquoi il avait fallu le meurtre d’une femme de 29 ans pour ramener les partis politiques d’Irlande du Nord autour de la table de négociation. Vingt-et-un ans après la signature de l’accord de paix du Vendredi saint, les unionistes et les nationalistes ne sont toujours pas parvenus à s’entendre sur des questions sensibles comme les drapeaux, les défilés et le statut juridique de la langue irlandaise. Le Brexit ne représente qu’un autre point à ajouter à cette liste. Ce sujet aurait « ensorcelé » les décideurs politiques des deux côtés de la frontière et entravé les négociations de paix, selon la présidente du Sinn Féin, Mary Lou McDonald. 

L’Écosse, un autre exemple. Vendredi, la Première ministre écossaise, Madame Nicola Sturgeon, a déclaré à BBC radio que le « rouleau compresseur du Brexit » avait pris le pas sur l’élaboration des lois, et qu’« il n’existe aucun programme politique qui ne soit pas lié au Brexit au Royaume-Uni ». Elle a donc entamé les préparatifs pour organiser un second référendum sur l’indépendance de l’Écosse, qui pourrait lui permettre de récupérer son « influence » perdue durant les négociations sur le Brexit. 

Le Brexit a également contrarié la bonne planification économique et sociale. Alors que la Grande-Bretagne a échappé à une récession (l’emploi est plus élevé que jamais et la croissance du PIB est lente, mais toujours positive), le Chancelier de l'Échiquier, Philip Hammond a déclaré cette semaine que les investissements étaient « nettement » moins élevés. Selon la banque d’investissement Goldman Sachs, le Brexit aurait coûté près de 700 millions d’euros par semaine à l’économie britannique depuis le référendum de juin 2016, soit environ 2,5 % du PIB. 

Les manifestations pour le climat se sont intensifiées, parallèlement au mouvement européen inspiré par l’activiste suédoise de 16 ans, Greta Thunberg. Le groupe 'Extinction Rebellion' a bloqué des quartiers entiers de Londres au cours des dix derniers jours, attirant l’attention sur ce qu’il qualifie d’« urgence » environnementale. 

Pour sa part, Westminster a été obnubilé cette semaine par une fuite pouvant porter atteinte à la sécurité nationale, suite à un article du Daily Telegraph qui avance que certains ministres du cabinet sont opposés à l’idée d’autoriser le géant chinois de la téléphonie mobile Huawei à participer à la mise en place du réseau 5G au Royaume-Uni. 

Mais cela ne veut pas dire pour autant que le Brexit est mis de côté. 

Les négociations entre le gouvernement et le parti travailliste se poursuivent, bien qu’elles ne se déroulent pas au mieux. L’incertitude plane toujours sur de possibles modifications de l’accord sur le Brexit, qui pourraient ensuite être soumises à un nouveau vote, et sur le moment où ces avancées pourraient avoir lieu. En d’autres termes, il est presque certain que le Royaume-Uni prendra part aux élections européennes le 23 mai. Et cette participation pourrait bien contrarier l’UE, avec l’arrivée d’un nouveau « Brexit Party » sur l’échiquier politique. 

Un vide politique est une chose dangereuse, mais un vide engendré par le Brexit pourrait être pire. (Version originale anglaise par Sarah Collins)

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