À un mois des élections européennes, plus de 8 000 syndicalistes – selon les organisateurs – venant d’une dizaine d’États membres différents se sont rassemblés à Bruxelles pour une marche visant à réclamer « une Europe plus juste pour les travailleurs », vendredi 26 avril.
Interrogé par les médias, Luca Visentini, secrétaire général de la Confédération européenne des syndicats (CES), a expliqué que l’objectif de cette marche était d’adresser un message fort pour plus de justice sociale et de démocratie aux candidats à la présidence de la Commission européenne.
« Ces élections européennes sont les plus importantes que nous ayons connues au cours de ces dernières décennies et nous invitons tous les citoyens à voter pour les candidats et les partis qui se battront pour une Europe plus juste pour les travailleurs », a-t-il ainsi déclaré.
« Notre message aux décideurs européens et nationaux est clair : l’Europe ne se fera pas sans les travailleurs et les travailleuses », a pour sa part insisté Laurent Berger, secrétaire général de la Confédération française démocratique du travail (CFDT), tout en plaidant pour « une Europe plus sociale, plus démocratique et plus dynamique ».
Alors que, la veille, était célébrée la fin des régimes fascistes en Italie et au Portugal, les syndicats ont également souligné leur attachement à l’Europe et ont fustigé à de nombreuses reprises les mouvements nationalistes et les populistes d’extrême droite, tout en appelant à la non-discrimination et à la solidarité, notamment vis-à-vis des migrants.
« Ne nous laissons pas berner par les partis d’extrême droite, antieuropéens et souverainistes – ils ne proposent aucune solution aux problèmes auxquels les travailleurs sont confrontés aujourd’hui », a par exemple lancé M. Visentini.
À deux jours d’élections législatives très incertaines en Espagne, qui pourraient conduire à l’entrée au Parlement espagnol d’environ 30 députés du parti ultranationaliste Vox, le discours de Pepe Álvarez, secrétaire général de l’Union générale des travailleurs (UGT), appelant à la solidarité, a eu un écho tout particulier. Il a été chaleureusement accueilli par ses compatriotes espagnols présents dans la foule qui ont entonné des « ¡No pasarán! », célèbre slogan utilisé par les opposants au général Franco.
Enfin, si M. Visentini s’est félicité du succès de cette marche, il a affirmé qu’il ne s’agissait que d’une première étape et que les syndicats allaient maintenir la pression. (Damien Genicot - stage)