login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 12218
CONSEIL EUROPÉEN / Affaires ÉtrangÈres

Les dirigeants s’entretiendront des relations entre l’UE et Pékin, en vue du sommet du 9 avril

Le dîner du Conseil européen, jeudi 21 mars, sera consacré à la Chine. En préparation du sommet UE/Chine, prévu le 9 avril à Bruxelles, les chancelleries européennes annoncent une approche européenne plus audacieuse. 

La discussion des dirigeants, alimentée par la réflexion stratégique de la Commission, publiée le 12 mars (EUROPE 12212/20), tout comme celle tenue six jours après cette date par les ministres des Affaires étrangères notamment avec leur homologue chinois, Wang Yi (EUROPE 12216/2), devrait porter sur les relations au sens large avec Pékin. 

Selon un diplomate européen, les Européens prennent conscience que l’UE devra agir par rapport à la Chine « d’une façon constructive, mais tout en étant attentive, plus active ». « Il ne faut pas attendre des évolutions convergentes de la Chine vers nous, mais exercer une pression dans cette direction », a-t-il ajouté. 

« La Chine est un partenaire pour les enjeux mondiaux et la défense du multilatéralisme, mais concurrent en matière économique », a résumé une autre source européenne, ajoutant qu’il fallait « être à la hauteur en termes de compétitivité et se protéger des pratiques déloyales ». De plus, Pékin est un rival concernant les réglementations sur les investissements étrangers ou encore la sécurité dans les télécommunications et le numérique, a-t-elle souligné. Ainsi, selon cette source, « cet ensemble permet de définir une position nette, une réciprocité et une non-naïveté ». À la veille du Conseil européen, les chancelleries européennes semblent avoir accordé leurs violons : « Un enjeu majeur déterminant pour l’agenda des années à venir, car il faut une Europe unie, stratégique, avec des instruments », résume la même source. 

De nombreuses dimensions de la relation pourraient être abordées, que ce soit en termes de commerce – alors que la Chine représentait en 2017, 15,4 % du total du commerce de biens extra-UE, soit 605 milliards d'euros – de concurrence et de politique industrielle, mais aussi de cybersécurité et de développement des réseaux mobiles 5G. La coopération entre l’UE et la Chine sur le multilatéralisme, notamment la réforme de l’OMC, sur le changement climatique ou sur les droits de l’homme, devrait également être discutée. 

Finalement, le sommet pourrait être l’occasion de revenir sur l’initiative 16+1, à laquelle prennent part de nombreux États membres, ou sur des protocoles d’accord négociés entre certains États membres et Pékin, sur sa 'Nouvelle Route de la Soie'. Ces relations privilégiées avec Pékin posent question sur des risques de désunion des États membres, ce que réfutent les pays impliqués. 

La Chine sera donc le fil rouge du Conseil européen. En effet, vendredi 22 au matin, les dirigeants devraient discuter de la politique commerciale et de la politique industrielle, mais aussi de la politique climatique, « des questions qui se retrouvent dans la relation avec la Chine », a rappelé un diplomate européen (voir autre nouvelle). Alors que s'amorce, en parallèle, une réflexion sur la politique industrielle européenne, cette nouvelle stratégie vis-à-vis de la Chine testera la volonté européenne d'agir enfin de concert face au partenaire chinois. 

Commémoration des 5 ans de l’annexion de la Crimée

Par ailleurs, tout comme leurs ministres des Affaires étrangères, lundi 18 mars, les chefs d’État et de gouvernement devraient commémorer les cinq ans de l’annexion illégale de la Crimée et de la ville de Sébastopol par la Russie. Selon un projet de conclusions en date du 18 mars, les dirigeants devraient rappeler l’attachement de l’UE à la souveraineté et à l'intégrité territoriale de l'Ukraine. 

« L'UE réaffirme qu'elle ne reconnaît pas et continue à condamner cette violation du droit international qui reste un défi direct pour la sécurité internationale. L'UE reste déterminée à mettre en œuvre sa politique de non-reconnaissance », devraient-ils prévenir, alors que le Conseil a renouvelé et renforcé, le 14 mars, les sanctions européennes liées aux actions compromettant ou menaçant l'intégrité territoriale, la souveraineté et l'indépendance de l'Ukraine (EUROPE 12215/5). 

En amont du Conseil, mercredi 20 mars, les présidents du Conseil européen, Donald Tusk, de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, et du PE, Antonio Tajani, devaient tenir un « mini sommet » sous forme d’un dîner avec le président ukrainien Petro Porochenko, selon une source européenne. (Camille-Cerise Gessant avec Hermine Donceel et la rédaction)

Sommaire

CONSEIL EUROPÉEN
INSTITUTIONNEL
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
POLITIQUES SECTORIELLES
ACTION EXTÉRIEURE
BRÈVES