Le sujet ne devait pas être à l’agenda du Conseil européen, mais les relations commerciales transatlantiques s’y font finalement une place discrète, alors que les États tentent de s'entendre sur un calendrier commun.
Un projet de conclusions du Conseil européen évoque en effet la nécessité d’identifier des « étapes » pour une « mise en œuvre rapide » de la déclaration commune entre l’UE et les États-Unis de juillet 2018 (EUROPE 12071/2).
Cependant, plusieurs sources européennes soulignent que la France, et la Belgique dans une moindre mesure, préféreraient attendre un contexte politique plus favorable – soit le lendemain des élections européennes – avant d’entamer des négociations commerciales restreintes avec Washington, sur base de deux mandats proposés par la Commission européenne en janvier dernier (EUROPE 12175/1). La France comptait en effet parmi les pays ayant fait face à l’opposition la plus marquée aux précédentes négociations transatlantiques sur le TTIP.
En face, l’Allemagne est mise sous pression face au risque de nouvelles mesures tarifaires américaines sur ses exportations de voitures dès le 17 mai (EUROPE 12195/1). Elle appelle donc à accélérer le processus, pour envoyer à l’administration étatsunienne un signal clair en faveur des pourparlers.
Il reviendra donc aux chefs d’état et de gouvernements de s’entendre sur ce calendrier, vendredi 22 mars.
En attendant, les diplomates européens travaillent toujours sur les directives de négociation, afin d’y introduire un langage susceptible de tempérer les inquiétudes de la population, et notamment sur l’impossibilité de rouvrir, de façon détournée, les négociations du TTIP (EUROPE 12171/10).
Voir le projet de conclusions daté du lundi 18 mars: http://bit.ly/2FrcMn9 (Hermine Donceel avec la rédaction)