La Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, a mis la pression sur les États membres, mardi 20 novembre, afin qu’ils trouvent une solution à la question du débarquement des migrants/réfugiés récupérés dans le cadre de l’opération EUnavfor Med Sophia.
Selon elle, sans une solution provisoire sur cette question dans les toutes prochaines semaines, l’opération, dont le mandat court jusqu’au 31 décembre, s’arrêtera.
Consciente que la question du débarquement doit être résolue dans le contexte de la réforme de Dublin, Mme Mogherini a cependant estimé qu’en attendant une solution dans ce cadre, les ministres devaient s’accorder sur une solution provisoire concernant les personnes sauvées par des navires de l’opération.
« Soit les ministres trouvent une solution provisoire sur la question du débarquement au cours des prochaines semaines, soit nous devrons démanteler l'opération et celle-ci prendra fin », a-t-elle prévenu devant la presse, rappelant le soutien de tous les ministres à la poursuite de l’opération.
Mme Mogherini a donc précisé qu’elle attendait des ministres qu’ils chargent leurs ambassadeurs auprès du Comité politique et de sécurité « de trouver une solution provisoire pour cet aspect particulier de l'opération afin que celle-ci puisse se poursuivre ». « En l'absence d'une décision unanime et consensuelle, l'opération prendra fin », a-t-elle insisté.
La Haute Représentante a plaidé pour une « solution qui ne s’appliquerait qu’aux personnes sauvées par l’opération Sophia et qui ne créerait aucun précédent pour le suivi du processus de décision pour la réforme de Dublin ». Elle a précisé que toute solution trouvée dans le cadre de la réforme de Dublin serait appliquée à Sophia.
Cette proposition ne fait pas l'unanimité parmi les États membres. Ainsi, une source diplomatique de l'un d'entre eux a expliqué qu’on ne pouvait pas faire de traitement différencié entre les personnes recueillies par les bateaux de l’opération et ceux recueillis par d’autres navires.
Selon ce diplomate, ne pas trouver d’accord sur une solution ad hoc ne signifierait pas la fin de la mission. « Il est possible d’étendre l’opération pour quelques mois afin de donner du temps pour trouver une solution, d’appliquer le droit de la mer [débarquement dans le port sûr le plus proche] ou de décider d’adapter l’opération en la recentrant sur d’autres éléments », a-t-il expliqué. (Camille-Cerise Gessant)