La Commissaire européenne, Cecilia Malmström, a affirmé, mercredi 17 octobre à Bruxelles, que sa rencontre, la veille, avec le secrétaire au Commerce des États-Unis, Wilbur Ross, avait été principalement « un bilan de la situation ».
Elle a confirmé que toute négociation avec les États-Unis devrait respecter la séquence suivante : un exercice exploratoire ('scoping') suivi d’une demande d'octroi de mandat de la part des États membres, ajoutant une fois de plus qu’aucune négociation n’était encore amorcée.
« Nous avons déclaré à plusieurs reprises que nous étions prêts à entamer un exercice exploratoire pour un accord limité, axé sur les tarifs industriels », a déclaré la commissaire, devant la presse. « Jusqu’à présent, les États-Unis n’ont pas montré un grand intérêt, la balle est donc dans leur camp », a-t-elle estimé.
Le son de cloche est tout autre côté américain. Convoquant un petit groupe de journalistes, Wilbur Ross a démenti les affirmations de Mme Malmström selon lesquelles les négociations sur la ‘feuille de route’ discutée par les présidents Juncker et Trump, fin juillet à Washington, progresseraient « en douceur » (EUROPE 12071).
« Ce n’est absolument pas le cas », a renchéri l’ambassadeur américain auprès de l’UE, Gordon Sondland, pour qui le processus en cours « n'est pas censé être un projet sur cinq ans ». D'après lui, les services au Commerce de la Commission européenne ne s’engagent pas de manière sérieuse sur ces sujets.
Bien qu’il ne soit pas l’interlocuteur attitré de la commissaire Malmström dans ces négociations – il s’agit de l’ambassadeur Lighthizer -, le secrétaire au Commerce a rappelé la nécessité de parvenir à des résultats tangibles pour novembre. Sinon, « la patience du président prendra fin », a-t-il prévenu.
Derrière cette obligation de résultat pointe la menace de nouvelles sanctions américaines, cette fois sur les voitures européennes, dans le cadre de la 'section 232', permettant de restreindre toutes importations menaçant la sécurité du pays.
Un rapport est toujours en préparation, qui « sera prêt quand il sera prêt », a souligné M. Ross. Comprendre : tant que les négociations avancent de manière satisfaisante. « Mais rien n’a bougé », a-t-il regretté.
Quant au contenu de ces négociations, Wilbur Ross a affirmé que l’administration américaine s’intéressait « à tous les secteurs où il y a du protectionnisme », confirmant qu’il y avait outre-Atlantique des « attentes que l'agriculture serait abordée dans les discussions finales » . (Hermine Donceel)