Les chefs d’État ou de gouvernement des vingt-sept États membres (tous sauf le Royaume-Uni) échangeront sur l’état des lieux des discussions relatives à l’approfondissement de l’Union économique et monétaire (UEM) lors du sommet de la zone euro en format élargi qui se tiendra jeudi 18 octobre, mais aucune décision ne sera prise avant le prochain sommet de décembre.
Cette rencontre a été demandée par la France, mais elle n’a pas vocation à se positionner sur les sujets majeurs. Elle s’inscrit dans le cadre du mandat donné à l’Eurogroupe en juin afin que celui-ci présente, au sommet de la zone euro de décembre, une feuille de route sur l’approfondissement de l’UEM (EUROPE 12052).
Les ministres des Finances de la zone euro ont organisé leur travail en quatre séquences : - la création du filet de sécurité (‘common backstop’) du Fonds de résolution unique (SRF), fonction qui reviendra au Mécanisme européen de stabilité (MES) ; - la réforme du MES ; - la création du système européen de garantie des dépôts (EDIS) (EUROPE 12118) ; - la mise sur pied d’une capacité budgétaire pour la zone euro.
Les deux premières séquences ont été traitées lors des réunions de l’Eurogroupe des 7 septembre et 1er octobre (EUROPE 12091, 12108). Mais à l’instar des deux autres sujets qui seront discutés les 5 et 19 novembre, aucune décision n’a été prise, les résultats finaux des travaux devant être présentés lors de la réunion de l’Eurogroupe de décembre.
Il s’agira donc, lors de cette rencontre, de dresser un état des lieux des discussions. Mário Centeno, le président de l’Eurogroupe, présentera ainsi les travaux en cours.
Aucun document écrit n’a été soumis aux leaders européens, et aucun document ne devrait sortir de la réunion des Vingt-sept. Cette dernière permet néanmoins de rappeler que l’approfondissement de l’UEM reste un sujet majeur.
Italie. Bien que la question du budget italien ne soit pas à l’agenda, il se pourrait que certains leaders abordent ce sujet.
Celui-ci est effectivement source d’inquiétude. D’une part, le gouvernement de Giuseppe Conte prévoit que le budget nominal atteigne 2,4 % du PIB l’an prochain, alors que le précédent gouvernement dirigé par Paolo Gentiloni tablait sur un taux de 0,8 % du PIB.
D'autre part, le projet de budget 2019 prévoit un creusement du déficit structurel de 0,8 point d’ici à l’an prochain, alors que Rome doit le réduire de 0,6 point en vertu des règles du bras préventif du Pacte de stabilité et de croissance (EUROPE 12118).
Je porte le message selon lequel « c'est un budget que nous avons étudié de très près ». « C'est un budget pour inverser la tendance. Nous voulons de la croissance », a déclaré le Premier ministre italien, Giuseppe Conte, à son arrivée à Bruxelles. Selon lui, « il n'y a pas de marge de manœuvre ». (Lucas Tripoteau)