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Bulletin Quotidien Europe N° 12102
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ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / Bce

Nouvel appel en faveur de la création d'une autorité européenne de lutte contre le blanchiment d'argent

Alors que le scandale de la filiale estonienne de la banque danoise Danske Bank a pris de l'ampleur, Mario Draghi a réitéré la position de la Banque centrale européenne, qu'il préside, en faveur de la création d'une autorité européenne compétente en matière de lutte anti-blanchiment d'argent, lundi 24 septembre (EUROPE 12100). 

« La situation actuelle n'est pas satisfaisante », a convenu M. Draghi devant la commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen, en réponse à des questions des Français Pervenche Berès (S&D) et Bernard Monot (ELDD). Pour la BCE, « il faudrait une autorité européenne » pour lutter plus efficacement contre le blanchiment d'argent, mais, comme cela ne se produira pas avant longtemps, nous avons décidé de mettre sur pied « un point d'entrée unique au sein de la BCE », a-t-il ajouté, tout en soulignant qu'à l'heure actuelle l'institut monétaire n'était pas compétent en matière de prévention ni de répression des fraudes.

Exposant les bienfaits du pilotage des anticipations ('forward guidance') par la BCE, M. Draghi a redit que la politique monétaire restera largement accommodante même après la fin de l'opération de rachat massif de titres surtout publics ('quantitative easing' ou QE), programmée pour janvier 2019 (EUROPE 12095). Il a rappelé les prévisions de l'institution européenne en matière de croissance du PIB de la zone euro (2,0 % en 2018, 1,8 % en 2019 et 1,7 % en 2020) et d'inflation (1,7 % en 2018, 2019 et 2020). Sur ce point, l'ancien président de la Banca d'Italia a d'ailleurs noté une vigueur renouvelée de l'inflation sous-jacente (hors prix énergétiques et alimentaires). 

Brexit. Tentant de rassurer Markus Ferber (PPE, allemand), le président de la BCE a souhaité une coopération « fructueuse » post-Brexit avec la Banque d'Angleterre. Selon lui, l'impact du retrait britannique sur l'économie réelle devrait être « limité », sauf sur les marchés des produits dérivés où le clearing s'effectue en grande partie à la City. « Il y a un risque » et « il reste peu de temps », a-t-il noté, évoquant des positions contractuelles sur les produits dérivés allant au-delà du Brexit, programmé, à ce stade, fin mars 2019. 

Répondant à Brian Hayes (PPE, irlandais), M. Draghi n'a pas douté que, quoi qu'il arrive sur le front du Brexit, les Vingt-sept se serreront les coudes. « Parmi les valeurs de l'UE, on compte la solidarité », a-t-il fait valoir. 

Quant à la proposition du président de la Commission, Jean-Claude Juncker, d'accroître le rôle international de l'euro, M. Draghi a constaté que la monnaie unique avait perdu du terrain ces dernières années tout en demeurant la 2e monnaie de réserve au monde. D'après lui, le rôle international de l'euro étant surtout dicté par « les forces du marché », il a estimé que la monnaie unique montera en puissance au fur et à mesure que l'union bancaire en zone euro et l'union des marchés de capitaux seront parachevées. (Mathieu Bion)

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