Le gouvernement britannique a publié, jeudi 23 août, 25 fiches techniques pour aider les acteurs économiques ou autres acteurs de la société à se préparer à un scénario éventuel de non-accord avec l’UE.
Le même jour, le ministre britannique chargé du Brexit, Dominic Raab, sur la BBC, se disait toutefois « confiant » qu’un accord serait trouvé avec les négociateurs européens et que des progrès étaient faits à chaque séance de négociations. Mardi 21 août, Dominic Raab et son homologue Michel Barnier ont ainsi annoncé qu’ils négocieraient désormais en continu au lieu des sessions ponctuelles de discussions étalées sur quelques jours menées auparavant (EUROPE 12078).
Les fiches techniques du gouvernement britannique couvrent tous les domaines où des perturbations seront possibles en cas de 'no deal', à savoir l’agriculture, la fiscalité, l’obtention de fonds européens pour les programmes de recherche, les dispositifs médicaux et médicaments ou encore les études dans l’UE ou au Royaume-Uni. En introduction, le gouvernement britannique explique qu’il estime improbable un scénario de non-accord, car ce serait contre « l’intérêt des deux parties », mais il est normal, à plus forte raison à 8 mois de l’échéance officielle de sortie de l’UE, de détailler les conséquences d’un tel scénario de sortie sans accord.
La Commission a tenu jeudi le même propos, en réagissant à la publication de ces fiches techniques. Assurant travailler de « manière constructive » à l’obtention d’un accord, la Commission a reconnu que le Brexit impliquerait des perturbations inévitables, qu’il y ait un accord ou pas, a réagi son porte-parole, Alexander Winterstein.
La Commission a elle-même publié une communication sur cet éventuel scénario de 'no deal' en juillet.
Le gouvernement britannique rappelle en préambule qu’il a déjà pris « ses responsabilités pour préparer le Royaume-Uni à tous les scénarios » et préparé notamment le budget nécessaire (un financement de 3 milliards de livres supplémentaires) afin que « les départements et les administrations décentralisées puissent se préparer efficacement au Brexit ». Ce montant s’ajoutait aux 700 millions de livres précédemment mis à la disposition des préparatifs pour les deux années officielles de discussions. Le pays a pris d’autres dispositions en ce sens, comme la loi de 2018 sur les garanties nucléaires, qui établit un régime britannique de garanties nucléaires lors de la sortie d’Euratom, argumente encore le gouvernement de Mme May. Les documents peuvent être consultés à la page : https://bit.ly/2o5Wl65 . (Solenn Paulic)