Les députés européens réunis en session plénière à Strasbourg ont réaffirmé, mardi 12 juin, leur détermination à faire en sorte que le Mécanisme européen de stabilité (MES), ou l’institution appelée à le remplacer, soit à l'avenir responsable de son action devant le Parlement européen, faisant ainsi écho aux propositions de la Commission européenne du 6 décembre dernier sur l’approfondissement de l’Union économique et monétaire (UEM) (EUROPE 11920).
Ce débat sur l’avenir de l’UEM arrive à un moment-clef, alors que le couple franco-allemand devrait finaliser dans les prochains jours une feuille de route sur le futur de l’Eurozone, afin qu’elle soit débattue lors du sommet de la zone euro des 28 et 29 juin (EUROPE 12038). Ce dernier rendez-vous doit fixer les grandes orientations pour l’UEM au cours des prochaines années.
C’est Roberto Gualtieri (S&D, italien), le président de la commission ‘Affaires économiques et monétaires’ du PE qui a embrayé, évoquant une « frustration » du PE de ne pas intégrer le MES ou le possible Fonds monétaire européen (FME) dans le cadre juridique de l’Union européenne. Il a par ailleurs qualifié de « fausse information » l’argument selon lequel une communautarisation de l’actuel MES signifierait une « perte de contrôle pour les parlements nationaux ». Cette volonté de communautarisation de l’actuel instrument a été partagée par Pervenche Berès (S&D, française), qui a plaidé pour une nouvelle appellation du MES : « Fonds de stabilisation européen ».
Par ailleurs, tant Brian Hayes (PPE, irlandais) que Ramon Tremosa i Balcells (ADLE, espagnol) ont partagé les observations selon lesquelles un éventuel FME devrait rendre des comptes aux députés. Pour M. Tremosa i Balcells, le rôle du PE doit tout particulièrement être renforcé dans le cadre des plans d'assistance financière. Car si le PE continuait à être exclu des décisions prises, le vote eurosceptique aux élections s'en trouverait renforcé, selon lui.
Les débats ont également porté sur d’autres problématiques-clefs qui seront au cœur du sommet de la zone euro, telles que l’Union bancaire ou le Mécanisme européen de stabilisation des investissements. Sur ce dernier point, en réponse à la proposition de la Commission européenne du 31 mai dernier (EUROPE 12031), M. Gualtieri a notamment regretté que l’instrument tel que suggéré soit doté d’un budget trop modeste. Mme Berès a, elle, tenu à rappeler que le FMI avait préconisé la création d’un stabilisateur automatique, raison pour laquelle elle qualifie cette proposition d’« embryon ».
M. Hayes contre la mise sur pied d'un 'Superministre des Finances'. Autre point à relever, M. Hayes s'est déclaré contre l'idée de créer un poste de ministre des Finances de l'Union européenne, résultat d'une fusion des postes de président de l'Eurogroupe et de commissaire aux Affaires économiques et financières, qui doit être mise « à la poubelle ». Il a ainsi suivi la position de son groupe politique, formulée fin février (EUROPE 11972). (Lucas Tripoteau)