Une nouvelle semaine, un nouveau discours sur le Brexit, et un nouveau tour de négociations « techniques » peu concluantes.
Même si les deux parties ont cessé de compter le nombre de « tours » de négociations déjà organisés, elles se tournent toutefois vers celui de la semaine prochaine qu’elles considèrent comme un moment « décisif », du moins en ce qui concerne la période de transition après le Brexit.
Vendredi, le Premier ministre britannique, Madame Theresa May, a déclaré que les deux parties étaient « proches d’un accord sur les termes » d’une transition, ou d’une phase de « mise en œuvre », comme la qualifie le Royaume-Uni (voir autres nouvelles). Toutefois, cette semaine, le négociateur en chef de l’UE, Michel Barnier, a expliqué que d’importantes divergences restaient encore à combler – en particulier sur les droits des citoyens et le pouvoir du Royaume-Uni d’examiner minutieusement la législation de l’UE – et qu’un accord n’était pas un « acquis ».
Le tour de négociations, qui devrait durer toute la semaine, abordera également le sujet de l’Irlande du Nord et d’autres questions liées à la séparation, telles que le partage des données, les biens en transit le jour du Brexit, l’Euratom et les droits de propriété intellectuelle.
Donald Tusk, le président du Conseil européen, profitera de cette occasion pour déposer son projet de lignes directrices sur la future relation. Il a par ailleurs précisé cette semaine que ce projet tiendra compte des « limites » fixées par le Royaume-Uni, et a ajouté que « la friction est un effet secondaire inévitable du Brexit ».
Selon Michel Barnier, les Britanniques ont « fermé la porte derrière eux » en choisissant de quitter le marché unique et l’union douanière, avec pour seule option un accord de libre-échange (ALE) standard basé sur les accords déjà conclus avec le Canada, le Japon ou la Corée.
Ceux qui espèrent que le Royaume-Uni rouvre la porte auront été déçus vendredi, après l’intervention de Theresa May, qui a prononcé son troisième discours important sur le Brexit.
Elle a réitéré sa promesse de quitter le marché unique et l’union douanière et a rejeté l‘offre de l’UE de conclure un ALE, en précisant qu’un accord semblable à celui du Canada « réduirait considérablement notre accès mutuel à nos marchés ».
Elle a également semblé revenir à un document de synthèse initialement publié par son gouvernement en août dernier, dans lequel elle proposait deux options : des systèmes douaniers distincts pour les marchandises destinées aux marchés national et européen ou un système de « négociant digne de confiance » où les deux parties pourraient déroger aux exigences pour les biens circulant entre le Royaume-Uni et l’UE.
Elle a toutefois reconnu le besoin de faire face à la « dure réalité » : le Royaume-Uni n’obtiendra pas tout ce qu’il veut et la législation de l’UE aura toujours un impact sur le pays après le Brexit.
Michel Barnier a précisé que la reconnaissance de ces compromis orienterait les lignes directrices du bloc sur la future relation.
Pour sa part, Guy Verhofstadt, le coordinateur du Parlement pour le Brexit, se montrait moins enthousiaste, prévenant Madame May qu’elle devrait « dépasser le stade des vagues souhaits » et que le « partenariat spécial et profond » qu’elle déclarait vouloir « ne peut pas être atteint en agrémentant le gâteau du Brexit de quelques cerises supplémentaires ». (Version originale anglaise par Sarah Collins)