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Bulletin Quotidien Europe N° 11927
CONSEIL EUROPÉEN / Migration

Donald Tusk justifie sa sortie sur les dispositifs de relocalisation, mais continue de penser que le consensus est impossible

Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a dû se défendre, vendredi 15 décembre, de ses prises de position sur les dispositifs de relocalisation des demandeurs d’asile, qu’il avait qualifiés un peu plus tôt dans la semaine d’inefficaces.

Le président du Conseil s’était ainsi attiré les foudres du commissaire aux Migrations Dimitris Avramopoulos, qui avait jugé « inacceptable » et « anti-européenne » son intention d’ouvrir un nouveau débat sur ces « quotas » de migrants.

Pour Donald Tusk, la discussion des États membres jeudi soir sur ce sujet, qui n’a pas permis de faire vraiment bouger les lignes, a eu au moins le mérite de « faire baisser la température » sur ce sujet de la relocalisation et de rappeler que c’est le « consensus » qui sera recherché sur cette question. Pour autant, ce consensus sera « très dur » à trouver, a observé Donald Tusk, mais « on fera de notre mieux ».

L'ancien Premier ministre polonais a reconnu que sa note avait créé beaucoup d’émotions, mais il s’est senti conforté par la discussion des leaders dans le fait que ces systèmes de relocalisation n’avaient pas fait la preuve de leur efficacité pour réduire l’immigration irrégulière, a-t-il dit. « La querelle n’est pas terminée », mais le président du Conseil européen a espéré que ce débat avait permis d’avoir les idées claires sur ces systèmes de relocalisation qui n’ont profité qu’à 32 000 personnes en deux ans.

Se déclarant tout à fait pro-européen, Donald Tusk a aussi estimé qu’il était de sa responsabilité d’ouvrir des débats au Conseil européen avec des statistiques et des constats factuels. Il a aussi réfuté l'accusation qui lui avait été faite d'être partial et trop proche de la position de certains pays, comme son pays d’origine. Donald Tusk a, au contraire, souhaité que Varsovie montre plus de solidarité dans la pratique en matière d’asile et serait « déçu » si ce n’était pas le cas.

Le débat a en tout cas agacé Jean-Claude Juncker. Le président de la Commission a déclaré ne pas comprendre pourquoi ces dispositifs de relocalisation, qui, justement, n’ont bénéficié qu’à un petit nombre de demandeurs d’asile, ont créé tant « d’émoi ». Pour Jean-Claude Juncker, l’UE est tout à fait capable d’absorber ce nombre de personnes. « Je voudrais que, sur ce point, on se calme un peu et l'on s’excite un peu moins », a ajouté Jean-Claude Juncker.

Jeudi soir, les dirigeants européens ont discuté de la migration en général et, notamment, du mécanisme financier que veut créer Donald Tusk dans le cadre financier pluriannuel. Sur les systèmes de relocalisation et la réforme du règlement de Dublin, ils ont pu échanger et écouter à nouveau les différentes positions. S’il a été convenu que le consensus sur cette question restait l’objectif, plusieurs délégations, comme l’Allemagne et l’Italie, n’ont pas exclu de recourir au vote à la majorité qualifiée en cas d’échec. Un choix de raison, pour Jean-Claude Juncker qui n’aime pourtant pas cette méthode, comme il l’a dit vendredi : « Je ne suis pas un fan du vote à la majorité qualifiée, mais c’est dans le Traité et ça peut être utilisé ».

Pour Paolo Gentiloni, le Premier ministre italien, « nous sommes loin d’un accord et même du début d’un accord », a-t-il commenté vendredi. S’il a salué l’offre financière des pays de Visegrád, notamment sur l’action italienne en Libye (EUROPE 11925), ces pays  « continuent de refuser des décisions déjà prises (relocalisation obligatoire )» (Solenn Paulic avec la rédaction)

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