L'organisation PensionsEurope, qui représente les fonds de pension publics nationaux, a mis en cause, jeudi 14 décembre, la méthodologie utilisée par l’Autorité européenne des assurances et des pensions professionnelles (EIOPA) pour son test de résistance de 2017, dont les résultats ont été publiés mercredi.
Dans son test de résistance, l’EIOPA a évalué la résilience de 195 institutions de retraite professionnelle (IRP) issues de 20 États membres face à un scénario de marché défavorable, combinant une baisse des taux d’intérêt sans risque et une baisse des actifs détenus par les IRP.
Selon PensionsEurope, les règles prudentielles en vigueur au niveau national ne soutiennent pas les conclusions de l’EIOPA sur plusieurs points. Par exemple, alors que dans son rapport l’EIOPA estime que les IRP qui offrent des prestations définies et des régimes de retraite hybrides ont globalement des actifs insuffisants pour couvrir leurs passifs, PensionsEurope observe que, dans les bilans nationaux, les actifs des IRP européennes fournissant ces régimes dépassent les passifs dans la plupart des pays. La Belgique, le Luxembourg et la Suède se distinguent par des actifs agrégés allant de 139% à 153% de leurs passifs, rapporte l'organisation.
La cause de ces différences de résultats tient, selon PensionsEurope, à la méthodologie choisie par l’EIOPA pour mener ce test, qui ne donne qu’une « image instantanée » des passifs en les valorisant sur la base des taux d’intérêt sans risque. En réalité, les IRP investissent dans l'économie réelle, dans la croissance et dans des actifs plus risqués et ont, à court et à long terme, des rendements nettement supérieurs à ceux des taux d'intérêt sans risque, a expliqué l’organisation. Leur capacité à gérer leurs responsabilités est donc bien meilleure que les résultats présentés par l’EIOPA, a-t-elle conclu.
« La méthodologie de l'EIOPA n'est pas adaptée à l'objectif et il serait beaucoup plus utile d'utiliser une analyse des flux de trésorerie à la place. Cela signifie qu'il faut regarder combien d'argent sort, quelle quantité arrive, s'il y a un problème, quand et comment l'IRP peut y faire face », a déclaré son Secrétaire général, Matti Leppälä.
L’organisation a, par ailleurs, annoncé qu’elle publierait un document de prise de position sur ce test de résistance en février-mars 2018, avec des propositions concrètes pour une méthode fondée sur les flux de trésorerie. (Marion Fontana)