La Banque centrale européenne (BCE) a publié, vendredi 30 juin, un rapport dressant un bilan des pratiques nationales de surveillance et des cadres juridiques nationaux liés aux créances bancaires douteuses (non performing loans, ‘NPL’) au 31 décembre 2016.
« L'une des leçons clés de la crise financière et de l'expérience de nombreux pays ayant des niveaux élevés de NPL est qu'il faut être proactif et préparé avant que les niveaux de NPL ne deviennent élevés », a indiqué l’institution financière dans un communiqué.
La question des créances bancaires douteuses, qui s'entendent comme des crédits dont les échéances de remboursement ont dépassé 90 jours, est une des priorités des travaux de surveillance prudentielle de la BCE, qui agit en tant que superviseur unique au sein de l'union bancaire en zone euro.
Ce deuxième inventaire couvre tous les pays de l'Eurozone et met à jour la situation des huit pays inclus dans l’inventaire original publié en septembre 2016. Avec un ratio de 47,8 % par rapport au total d'actifs bancaire, la Grèce est le pays détenant le plus haut volume de NPL, suivi par Chypre avec un ratio de 39,2%. En Italie, le ratio est de 16,4%. Pour l’Allemagne, la France et la Belgique, ce ratio ne dépasse pas les 4%. Quant au Luxembourg et à la Finlande, ils détiennent les ratios les plus bas avec respectivement 1,4 et 1,6 %.
Si le rapport reconnait les progrès qui ont été déjà réalisés et indique que la valeur globale du stock de NPL dans la zone euro a diminué depuis septembre 2016, il souligne avant tout la nécessité pour les États membres de se doter d’une « boîte à outils appropriée ».
À ce titre, la BCE relève que la mise en place d’un processus adéquat de reconnaissance et de classification des NPL dans les banques permet de faciliter la gestion rapide et efficace des prêts problématiques. Elle identifie également comme bonnes pratiques les inspections sur place et la publication de directives et d'exigences supplémentaires. Enfin, elle note que les systèmes judiciaires et juridiques peuvent jouer un rôle clé dans la réduction des NPL.
Ce bilan de la BCE permettra d'alimenter le dialogue actuel sur la question épineuse des créances bancaires douteuses, qui sera, par ailleurs, abordée lors du prochain Conseil Ecofin de juillet, sur la base d’un rapport d’experts (EUROPE 11806) et à la lumière des récentes restructurations ayant eu lieu en Italie et en Espagne. (Marion Fontana)