L’Union européenne et les pays membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies ont appelé, samedi 20 mai, les différentes factions en présence à la retenue après l’attaque d’une base militaire dans le sud de la Libye. Au moins 141 personnes, dont la plupart sont des soldats loyaux à Khalifa Haftar, ont été tuées dans l’attaque menée par des groupes rivaux. L’ONU a aussi évoqué des « informations sur des exécutions ».
« Toutes les parties doivent faire preuve de retenue, cesser toutes les hostilités et éviter toute nouvelle escalade de la violence », a ainsi insisté la porte-parole du Service européen pour l’action extérieure, dans un communiqué. « La violence n'est pas une solution aux défis de la Libye. Cela ne peut que mettre en danger le travail en cours pour trouver une solution pacifique et négociée à la crise politique et sécuritaire », a-t-elle prévenu, rappelant qu’un dialogue était essentiel entre toutes les parties dans un esprit de réconciliation.
De leur côté, les ambassadeurs en Libye des membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies (France, Royaume-Uni, Chine, États-Unis et Russie) ont condamné, dans une déclaration commune, « tous les efforts visant à modifier la situation sur le terrain en Libye par la force, ce qui ne fait que miner le dialogue politique récent et prolonge la souffrance du peuple libyen ». Ils se sont aussi dits inquiets des rapports faisant état d’exécutions sommaires de combattants et de civils. « Les auteurs de tels actes criminels doivent être traduits en justice », ont ajouté les ambassadeurs, exhortant aussi toutes les parties à faire preuve de retenue et à s'abstenir d'une nouvelle escalade. Les membres du Conseil de sécurité ont aussi réaffirmé « leur détermination à soutenir l'accord politique libyen (LPA) afin d'atténuer les souffrances du peuple libyen ».
Par ailleurs, Bruxelles accueillera, ce mardi 23 mars, une nouvelle réunion du Quartet (UE, Union africaine, Ligue arabe, ONU) sur la Libye. (Camille-Cerise Gessant)