Les ministres des Finances de la zone euro espéraient aboutir à un accord politique sur la Grèce, lundi 22 mai dans la soirée, malgré un désaccord entre les différentes parties sur la question de l’allègement de la dette grecque.
Aucun accord politique n’était encore trouvé lundi soir à l’Eurogroupe, au moment où nous mettions sous presse, sur la finalisation de la deuxième mission de suivi du troisième plan de sauvetage grec. Mais tous les partenaires s’accordaient sur leur volonté de trouver un accord politique pour la fin de la réunion, à l’image de la déclaration du nouveau ministre français de l’Économie et des Finances, Bruno Le Maire, à son arrivée : « j’espère que nous allons faire du bon travail aujourd’hui pour parvenir à un accord », a-t-il affirmé. « Tout le monde veut parvenir à cet accord », a confirmé le commissaire aux Affaires économiques et Financières, Pierre Moscovici.
Bien que cette volonté politique semble réelle de la part des ministres de l’Eurogroupe et du FMI, la question de l’allègement de la dette de la République hellénique reste problématique. Pour rappel, le FMI conditionne sa participation au plan d’aide à des mesures d’allègement de la dette grecque, ce sur quoi l’Allemagne est réticente à s’engager aujourd’hui, à quelques mois des élections législatives dans le pays (EUROPE 11792). « Pour être tout à fait honnête, les positions de départ sont assez éloignées », a confirmé Bruno Le Maire.
Un accord politique plutôt qu'un accord final
Si un accord pouvait être obtenu à l’occasion de cette réunion, ce ne serait pas un accord final, selon Jeroen Dijsselbloem, le président de l’Eurogroupe. « J’espère et je travaille sur un accord aujourd’hui, mais ce ne sera pas l’accord final. Nous avons toujours dit que la décision finale et concrète sur les mesures d’allègement de la dette arriverait à la fin du programme, l’an prochain », a-t-il déclaré lors de son arrivée. Les dirigeants espèrent cependant parvenir à un accord politique afin de satisfaire l’ensemble des acteurs et de s’engager sur une finalisation de cette mission de suivi.
Pour conclure cette dernière, le gouvernement d’Alexis Tsipras s’était engagé sur un ensemble de mesures de consolidation budgétaire équivalant à 2% du PIB, qui ont été votées dans la nuit du jeudi 18 au vendredi 19 mai par le Parlement grec. Outre la question de l’allègement de la dette, la trajectoire budgétaire de la Grèce après 2018 reste également à définir, mais il semble que la Grèce et les ‘institutions’ (Commission européenne, BCE, FMI, MES) se soient accordées sur un excédent budgétaire primaire (hors service de la dette) de 3,5% du PIB jusqu’en 2021 (EUROPE 11784).
Du côté grec, la finalisation de cette mission de suivi est essentielle afin de débloquer l’enveloppe d’aide nécessaire pour faire face à un pic de remboursement supérieur à 7 milliards d’euros à la BCE en juillet. (Lucas Tripoteau)