L’intégration financière globale dans la zone euro a stagné en 2016, a estimé la Banque Centrale Européenne (BCE), vendredi 19 mai lors de la conférence annuelle sur l’intégration et la stabilité financières qu'elle organise conjointement avec la Commission européenne. Pour y remédier, les deux institutions préconisent de compléter l'Union bancaire et l'Union des marchés de capitaux (UMC).
À cette occasion, les deux institutions européennes ont présenté leurs rapports annuels respectifs sur l'intégration financière, tous deux publiés le même jour. Globalement, les deux rapports font état d'une tendance positive à la reprise de l’économie européenne et de la nécessité d'améliorer le financement bancaire ainsi que le cadre règlementaire de supervision. Le rapport de la Commission note également que les banques européennes sont beaucoup plus stables aujourd’hui que par le passé.
Néanmoins, le vice-président de la BCE, Vítor Constâncio, a indiqué que « l’intégration financière globale dans la zone euro a stagné l’année dernière ». Selon lui, de nouveaux indicateurs montrent que le partage des risques entre les pays est encore faible.
Ces résultats mitigés rendent nécessaire l’achèvement de l’Union bancaire ainsi qu’une orientation « plus ambitieuse » de l’Union des marchés de capitaux (UMC), estiment les deux institutions.
« Nous devons prendre des mesures décisives vers l'intégration financière au sein de l'UE en complétant l'Union bancaire et l’Union des marchés de capitaux », a déclaré le commissaire européen aux Services financiers, Valdis Dombrovkis. Ce constat a été également partagé par le vice-président de la BCE, pour qui les deux projets devraient être considérés comme « des initiatives qui se renforcent mutuellement et pouvant amener le marché unique des services financiers au prochain niveau ».
Explorant des pistes pour approfondir l’intégration financière, M. Constâncio a notamment souligné que l'examen actuel de la directive relative aux exigences de fonds propres (CRD IV) et de la directive relative au redressement des banques et à la résolution de leurs défaillances (BRRD) devraient aboutir à des progrès tangibles. En outre, il a estimé que l'amélioration et l'harmonisation des règles d'insolvabilité pourraient favoriser l'intégration et le développement des marchés financiers.
Intervenant à la conférence, l’eurodéputée Pervenche Berès (S&D, française) a estimé que l’examen à mi-parcours de l’UMC (EUROPE 11766) - qui sera présentée par la Commission le 7 juin prochain - sera une étape importante. Elle a espéré notamment des progrès sur trois dossiers, à savoir le règlement ‘PRIIPS’ sur l'information précontractuelle relative aux services financiers de détail, la titrisation (EUROPE 11790) et le plan ‘Juncker’ d'investissement (EUROPE 11789).
Enfin, soulignant que le Brexit sera un défi, mais également une opportunité, M. Constâncio a rappelé la nécessité de relocaliser certains services financiers basés à Londres dans les vingt-sept États membres. Reconnaissant toutefois que les risques augmenteront certainement avec le départ du Royaume-Uni, le vice-président a affirmé que la BCE se tenait prête à soutenir une transition et une réorganisation dans ce contexte. (Marion Fontana)