login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 11792
ACTION EXTÉRIEURE / DÉveloppement

Le Conseil de l’UE adopte le 'Consensus européen pour le développement' aligné sur les ODD

Les principes, les valeurs, les orientations et les priorités de la future politique européenne de coopération et développement, mieux armée pour faire face aux défis mondiaux comme le changement climatique, la sécurité ou la migration, ont été approuvés par les ministres européens, vendredi 19 mai à Bruxelles.

Le Conseil Affaires étrangères de l’UE, réuni dans sa formation Développement, a adopté à l’unanimité le nouveau 'Consensus européen pour le développement', qui fixera à l’UE et ses États membres le cadre de la politique européenne de développement pour les quatorze prochaines années en l’alignant sur le programme universel de développement durable à l’horizon 2030 et ses 17 objectifs de développement durable (ODD). 

Le texte a pu être adopté sans discussion, les ambassadeurs des Vingt-huit auprès de l’UE étant parvenus la veille à triompher des réserves de la Hongrie concernant les aspects 'migration' (EUROPE 11791). C’est, pour la Présidence maltaise, un motif de fierté. « Cet accord confirme l’engagement de tous les États membres à travailler ensemble sur un programme et des priorités partagées de la coopération de l’UE avec tous les pays en développement pour les années à venir », a déclaré le ministre maltais des Affaires étrangères, George Vella.

Aux termes du Consensus, la réduction de la pauvreté restera l’objectif premier et la coopération au développement future sera fondée sur les droits, l’égalité des genres, la création d’emplois décents et la garantie que personne ne sera laissé pour compte.

En réponse aux ODD, le texte couvre tout l’éventail des domaines d’action en mettant l’accent sur la bonne gouvernance, la démocratie, l’État de droit et les droits de l’homme, la migration et la mobilité, la jeunesse, l’investissement, le commerce, la protection de l’environnement, l’énergie durable et l’action climatique.

« Le monde a changé, nous adaptons notre politique à l’Agenda 2030. Nous passons d’une approche donateur/récipiendaire d'aide à une approche fondée sur le partenariat dans tous les domaines. L’éradication de la pauvreté demeure l’objectif prioritaire, mais nous couvrons aussi tous les domaines qui affectent les conditions de vie sur le terrain en nous préoccupant des droits humains, de l’État de droit, de l’environnement, des droits des femmes, de la place des jeunes dans la société. C’est un concept plus large qui répond à la philosophie des objectifs de développement durable en prenant en compte la complexité du monde auquel nous sommes confrontés », a déclaré à la presse la Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini. Assurant que l'UE restera le premier partenaire des Nations unies, le premier fournisseur d'aide humanitaire et d'aide au développement, elle a ajouté « Notre partenaire privilégié demeure l'Afrique ».

À ses côtés, la Secrétaire générale adjointe de l'ONU, Amina Mohamed, invitée de la session, a insisté sur la nécessité de mettre en œuvre les ODD et d'obtenir des résultats dans les différents pays et régions, comme au niveau mondial. « Nous avons un agenda, nous avons besoin d'un partenariat pour relever les défis des conflits, des migrations, de la démographie, du changement climatique, du financement et de l'innovation », a-t-elle dit. 

Pour le commissaire européen au Développement, Neven Mimica, ce Consensus européen est « une étape pour renforcer le rôle de l'UE en tant qu'acteur mondial et promoteur de la mise en œuvre des ODD. »

Un Consensus irréaliste, selon les ONG. Satisfaites que l’éradication de la pauvreté demeure bien la priorité numéro un et que le Consensus contienne des éléments de solidarité, les ONG européennes de développement ont néanmoins dénoncé le risque « d’instrumentalisation » de la politique de développement future de l'UE à des fins de sécurité, de commerce et de contrôle de la migration.

« Ce Consensus est irréaliste : la coopération au développement ne peut pas prétendre guider vers la réalisation du développement durable si elle est en même temps utilisée pour servir les intérêts européens – les intérêts économiques et commerciaux, et en matière de migration et de sécurité. La direction générale imprimée pourrait même, au final, entraver la réalisation des éléments positifs du Consensus », commente Tanya Cox, membre du comité directeur sur le Développement durable de CONCORD.

L’accord du Parlement européen est attendu le 31 mai, ce qui permettrait la signature de la déclaration conjointe sur le nouveau Consensus européen pour le développement le 7 juin prochain par le PE, le Conseil et la Commission, lors des Journées européennes du développement dédiées à l'investissement dans le développement. (Aminata Niang)

Sommaire

ACTION EXTÉRIEURE
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
POLITIQUES SECTORIELLES
ÉDUCATION - CULTURE
CONSEIL DE L'EUROPE
BRÈVES
The B-word : la newsletter d’Agence Europe sur le Brexit
CALENDRIER