À l’occasion d’une conférence sur l’avenir de la politique de cohésion, organisée par le Conseil des communes et des régions d’Europe (CCRE), mardi 28 mars, le député Jan Olbrycht (PPE, polonais) a évoqué l’option de prolonger le cadre du règlement budgétaire actuel sur plusieurs années.
Pour le député polonais, les négociations sur le ‘Brexit’ compliqueront grandement les négociations sur le prochain cadre financier pluriannuel, et, par conséquent, la politique de cohésion.
À ses yeux, la première solution serait de maintenir le système actuel pour deux à cinq années supplémentaires. Ainsi, selon lui, cela nous épargnerait l'amorce de négociations particulièrement complexes dans un laps de temps trop court.
Il a également évoqué la possibilité de négocier un cadre financier pluriannuel temporaire sur cinq ans, allant de 2021 à 2026 et n’a fait qu’effleurer la possibilité de négocier un « système » stable sur le long terme.
Lien entre cohésion et solidarité. Sur la question de lier l’attribution des fonds structurels et d’investissement (fonds ESI) au respect de l’État de droit et à la gestion migratoire – idée qui germe au sein des institutions européennes sans convaincre les régions (EUROPE 11742), le député a été très clair : ce sera le cas dans la future politique de cohésion. « Ne soyons pas naïfs » a-t-il lancé, constatant la volonté au PE comme à la Commission de sanctionner certains États membres de Visegrad. « Ce n’est pas le cas pour l’heure, mais ce le sera absolument à l’avenir, parce que ce sera légal » a-t-il conclu.
Une politique de cohésion pour les régions les plus pauvres. Dans le cadre d’une pression budgétaire grandissante, le député n’a pas exclu la possibilité que la future politique de cohésion se concentre sur les seules régions les plus pauvres. Il a toutefois formulé une mise en garde : avec la sortie du Royaume-Uni de l’UE, le PIB global de l’UE décroîtra, ce qui fera mécaniquement basculer un certain nombre de régions dans une catégorie supérieure – si la définition des trois catégories de région est maintenue. La commissaire à la Politique régionale, Corina Crețu, semble, pour sa part, écarter d’emblée une politique de cohésion qui se concentrerait sur les seules régions les moins développées (EUROPE 11736). (Pascal Hansens)