Informée de la vaste fraude à la viande brésilienne avariée qui pourrait avoir été exportée dans l’UE, la Commission européenne est en contact permanent avec les autorités brésiliennes, mais aucune alerte n’a à ce jour été notifiée au sein de l’UE, a assuré l’institution lundi 20 mars.
« La Commission est informée de l’enquête au Brésil. Dès que le scandale a éclaté, la Commission a demandé aux autorités brésiliennes de fournir des clarifications et d’agir. Des contacts intenses ont eu lieu pendant le week-end. La Commission suit la situation de très près. Nous avons demandé aux États membres d’être vigilants et d’intensifier les contrôles obligatoires sur la viande importée du Brésil. Il n’y a eu jusqu’ici aucune alerte spécifique dans l’UE », a déclaré à la presse le porte-parole, Enrico Brivio.
Invité à préciser l’ampleur du problème potentiel sur le marché européen, il s'est montré rassurant : « Cela concerne la volaille. Il semblerait qu’une toute petite partie seulement de la viande avariée concernée fasse l’objet d’exportation ». Et d’ajouter : « Nous sommes en contact constant avec les autorités brésiliennes. Nous leur avons demandé des éclaircissements vendredi pour nous assurer que tous les établissements qui pourraient être impliqués dans la fraude soient bien suspendus et ne puissent plus exporter vers l’UE ».
Le scandale sanitaire qui fait rage au Brésil met en cause plusieurs entreprises dont JBS, le plus gros producteur mondial de bœuf, soupçonnées d’avoir commercialisé depuis des années, y compris sur les marchés d’exportation, de la viande impropre à la consommation dont l’apparence a été rafraîchie avec des produits chimiques.
S'agissant de l'accord de libre-échange négocié entre l'UE et le Mercosur, un autre porte-parole a précisé qu'il couvrirait le commerce des produits agricoles et contiendrait « des mesures sanitaires pour toutes les denrées alimentaires et aliments pour animaux importés », lesquels devront être conformes aux exigences de la législation européenne.
Pour pouvoir être importée dans l’UE, la viande en provenance du Brésil doit l’être par des entreprises agréées tenues de respecter les normes très strictes imposées par la législation alimentaire de l’UE. Ce sont les autorités brésiliennes qui procèdent aux contrôles et délivrent les agréments. Dans l’UE, les contrôles des cargaisons importées sont opérés par les autorités nationales compétentes.
Tout aliment suspect détecté dans un État membtre doit être signalé à la Commission et aux autres États membres par le biais du système d’alerte rapide pour les denrées alimentaires et les aliments pour animaux (RAFFS). (Aminata Niang)