Le Quartet sur la Libye (Ligue arabe, ONU, Union africaine et Union européenne) a réaffirmé, samedi 18 mars, la « nécessité urgente d'un règlement pacifique » de la situation en Libye.
« La situation actuelle et l'impasse politique ne peuvent être résolues qu'à travers le dialogue et l'engagement de toutes les parties prenantes libyennes de résoudre de manière consensuelle leurs divergences dans le cadre de l’accord politique libyen », affirment, dans une déclaration commune, publiée à l’issue d’une rencontre au Caire, les représentants du Quartet.
Dans cette déclaration, ils rappellent leur « rejet de la menace ou de l'utilisation de la force armée par les parties libyennes et de toute intervention militaire étrangère » dans le pays. Condamnant toutes les manifestations de violence, y compris les attaques armées dans le Croissant pétrolier depuis le 3 mars, le Quartet appelle « à la cessation immédiate des opérations militaires, à la désescalade de la situation et à la nécessité pour toutes les parties de s'abstenir de toute mesure susceptible d'aggraver la situation sur le terrain ». Rappelant la récente escalade de la violence à Tripoli, le Quartet demande aussi au Conseil de la Présidence du Gouvernement d’entente nationale libyen de faire valoir son contrôle de la situation sécuritaire dans toute la ville conformément aux dispositions de l’accord politique.
« Il ne peut pas y avoir de solution militaire au conflit », rappelle le Quartet, qui souligne « l'importance d'une armée libyenne cohésive et professionnelle qui opère sous une chaîne de commandement unifiée, comme le prescrit l'accord politique ». Pour ses représentants, il est nécessaire de traiter cette question prioritaire dans le cadre d'un dialogue politique inclusif entre les parties concernées. L’émissaire de l'ONU, Martin Kobler, a ainsi exclu la fourniture d’armes à l’armée nationale libyenne du général Haftar, tant que celle-ci ne se soumet pas au Conseil présidentiel. « Pour lever l’embargo, il faut avoir une armée avec une chaîne de commandement bien établie. Une armée qui rend des comptes au commandement suprême qui, conformément aux accords conclus, est le Conseil présidentiel », a-t-il rappelé.
Dans leur déclaration, les membres du Quartet réaffirment leur engagement à travailler « ensemble d'une manière coordonnée et complémentaire » pour faire avancer le processus politique facilité par l'ONU pour mettre en œuvre l'accord politique. Ils précisent qu’ils sont prêts à appuyer tout mécanisme inclusif convenu par les parties prenantes libyennes, mécanisme qui doit être représentatif et capable de résoudre les questions en suspens. Pour cela, le Quartet va entreprendre des efforts conjoints pour appuyer ce processus « en encourageant toutes les parties prenantes libyennes à s'engager de bonne foi dans un dialogue politique constructif et inclusif pour aborder les questions fondamentales afin de mettre pleinement en œuvre l’accord politique libyen ». Devant la presse à l’issue de la réunion, la Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, a annoncé qu’elle accueillerait à Bruxelles, « dans les prochaines semaines », la prochaine réunion du Quartet. (Camille-Cerise Gessant)