De l’avis des députés européens, il est temps que l’UE renforce sa politique dans l’Arctique, tout en veillant à préserver l’écosystème d’une région particulièrement vulnérable au changement climatique et à éviter les tensions géopolitiques et la militarisation de la région, liées à la course internationale à l’exploitation des ressources énergétiques et de pêche.
Ils ont exprimé ce message jeudi 16 mars à Strasbourg, en adoptant à une large majorité (483 voix pour, 100 contre, 37 abstentions) une résolution sur la stratégie intégrée pour l’Arctique, proposée par la Commission européenne pour doter l’UE d’un cadre d’action plus cohérent dans la région (EUROPE 11716, 11709)
« Si nous exploitons les ressources de l’Arctique de manière non durable, nous détruisons une région unique et accélérons le changement climatique qui est deux fois plus rapide qu’ailleurs, avec un impact dramatique et irréversible sur les stocks de poissons. Malheureusement, le changement climatique est l’une des raisons pour lesquelles la concurrence pour l’exploitation des ressources s’accélère », a souligné la Finlandaise Sirpa Pietikäinen (PPE), co-rapporteur pour la commission de l’environnement.
Le Parlement demande une politique de l’UE plus cohérente assortie d’un plan d’action concret intégrant la dimension de politique étrangère et de sécurité. Il demande aussi des études d’impact sur l’environnement dans l’Arctique et l’établissement d’un centre permanent de recherche pour l’Arctique afin d’améliorer l’information sur la région.
La dimension énergétique de l’Arctique doit respecter les droits des peuples autochtones. Partant, le Parlement demande à la Commission d’œuvrer à ce que soient interdits tant l’extraction du pétrole dans les eaux de l’UE (pour ne pas interférer dans les décisions souveraines de pays tiers) que les combustibles fossiles dans le transport maritime.
Soulignant que les activités accrues de la Russie et sa présence militaire ne peuvent être ignorées, le PE insiste sur le rôle important du Conseil de l’arctique pour maintenir l’Arctique comme zone de faibles tensions et estime que la coopération avec la Russie doit se poursuivre pour éviter ces tensions. Pour cette raison, la GUE/NGL a pu soutenir la résolution tout en regrettant qu’aucune mention ne soit faite des intérêts militaires d’autres acteurs, comme l’OTAN. (Aminata Niang)