En 2016, 2 044 produits dangereux ont été signalés par le biais de RAPEX, le système d'alerte rapide de l'UE pour les produits dangereux non alimentaires – un chiffre stable – et ces alertes ont donné lieu à 3 824 actions de suivi par les autorités nationales, un chiffre en augmentation de 40% par rapport à 2015, selon le rapport annuel 'Rapex 2016', publié jeudi 16 mars par la Commission européenne.
C'est ainsi, par exemple, que le smartphone Samsung Galaxy qui a explosé a pu être rapidement retiré du marché après notification dans RAPEX. « Cela montre que les autorités nationales font le nécessaire pour garantir la sécurité aux consommateurs », a souligné la commissaire européenne à la Justice et aux Consommateurs, Věra Jourová, en annonçant, jeudi, à la presse européenne, que les efforts de la Commission pour améliorer l’efficacité du système « couronné de succès » porteront l’an prochain sur le renforcement de la coopération entamée avec les grandes sociétés de vente en ligne.
« Nous avons lancé la coopération avec Amazon, Ali Baba et e-Bay qui ont désigné des points de contact uniques accessibles rapidement. L’an prochain, nous renforcerons cette coopération avec d’autres plateformes en ligne. Tous les consommateurs doivent se sentir en sécurité, que ce soit pour leurs achats dans les rues commerçantes ou en ligne », a déclaré Mme Jourová.
En 2016, les jouets étaient en tête des produits les plus notifiés (26% des notifications), suivis par les véhicules automobiles (18%), les vêtements, textiles et article de mode (13%), les appareils électriques et articles pour enfants.
C'est le risque de blessure qui a enregistré le plus de notifications (25 %), en raison du nombre accru de notifications liées aux automobiles, suivi par le risque chimique (23 %) qui était en tête du ‘palmarès’ en 2015.
La Chine était toujours le premier pays d’origine des produits dangereux, mais le nombre d’alertes est tombé à 53% (contre 62% en 2015, et 64% en 2014). « C’est encourageant, mais nous ne devons pas baisser la garde, nous resterons vigilants », a assuré la commissaire.
Le BEUC s'impatiente
Plus de 2 000 produits non alimentaires dangereux signalés, c’est encore beaucoup trop, estime le Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC) en faisant observer qu'une notification peut couvrir des milliers de produits défectueux, et que beaucoup de produits peuvent passer à travers les mailles du filet. « Un tel chiffre montre de nouveau le besoin évident d’un système de surveillance plus efficace. L’une des façons d’y parvenir est de renforcer enfin la directive relative à la sécurité générale des produits », souligne le BEUC dans un communiqué. Comme l'an dernier, l'organisation s'impatiente en voyant que le paquet législatif de 2013 sur la sécurité des produits et la surveillance des marchés est toujours bloqué au Conseil (EUROPE 11539).
« La sécurité des biens que les consommateurs utilisent tous les jours est régie par une législation dépassée. Les lois doivent être à la page des avancées technologiques comme la numérisation de notre société. Il faut allouer davantage de compétences et de ressources aux États membres et à l’Union européenne pour surveiller correctement le marché. Il est temps que les discussions politiques avancent; la sécurité des consommateurs n’attend pas », a commenté Monique Goyens, directrice générale du BEUC. (Aminata Niang)