Les ministres des Finances de la zone euro feront à nouveau le point, lundi 20 mars, sur les négociations menant à la finalisation de la 2ème mission de suivi du 3ème plan de sauvetage grec, un accord politique n'étant toutefois plus attendu avant mai.
Les positions des 'institutions' représentant les créanciers d'Athènes et du gouvernement grec demeurent « relativement éloignées sur un certain nombre de questions », a déclaré un diplomate européen de haut rang, jeudi 16 mars. Selon lui, les considérations politiques empêchent toute percée dans les négociations à ce stade, alors qu'un accord au niveau technique sur les mesures que la Grèce devrait adopter en échange d'une nouvelle tranche d'aide financière pourrait être obtenu plutôt rapidement.
Un accord politique permettant de finaliser la 2ème mission de suivi du plan d'aide grec ne paraît même pas envisageable d'ici à la réunion de l'Eurogroupe, vendredi 7 avril à La Valette. « Avril sera un mois compliqué », a estimé cette source, faisant aussi valoir la tenue des réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale, fin avril, propices à ces négociations. La Grèce est en mesure de s'autofinancer jusqu'à juillet où elle fera face à un pic de remboursement supérieur à 6 milliards d'euros.
Les Européens ont accepté la requête du FMI demandant à la Grèce de réformer son système de retraite, son marché du travail et le système d'imposition sur le revenu (abaissement du seuil de non-imposition en même temps qu'une taxation plus progressive) (EUROPE 11729). C'est une condition posée par le FMI à sa participation financière au 3ème plan d'aide qui n'est pas acquise à ce stade. Difficiles à accepter aujourd'hui par le gouvernement grec de gauche radicale, ces réformes seraient mises en place en vue de la sortie du plan de sauvetage afin de garantir le respect de l'objectif fixé d'un excédent budgétaire primaire (hors service de la dette) de 3,5% du PIB grec après 2018. Si, tel que le pensent les Européens, le bénéfice à moyen terme sur les finances publiques grecques était supérieur à ce seuil de 3,5%, le surplus budgétaire supplémentaire dégagé pourrait servir à prendre des mesures favorables à la croissance.
Côté européen, on reconnaît que des avancées ont été enregistrées dans le domaine fiscal et sur le règlement extrajudiciaire des litiges. Mais, outre les difficultés liées aux réformes requises précédemment citées, les négociations continuent d'achopper sur les privatisations dans le secteur de l'électricité.
Budgets 2017. L'Eurogroupe adoptera une déclaration sur la mise en œuvre des budgets nationaux au regard du pacte de stabilité et de croissance. De manière générale, rien n'a changé depuis la dernière discussion qui s'était tenue fin janvier, a indiqué cette source (EUROPE 11713).
Enfin, les ministres auront également un échange de vues sur la durabilité des systèmes des retraites. (Mathieu Bion)