La Commission européenne a adopté, vendredi 24 février, une proposition visant à mettre en place un plan pluriannuel de gestion des captures de petits pélagiques en mer Adriatique. Il est prévu une réduction des totaux admissibles de captures (TAC) d’anchois et de sardines, en cas de danger pour les stocks (EUROPE 11704).
Les petites espèces pélagiques les plus lucratives et les plus prisées sont l’anchois et la sardine, qui sont capturées surtout par la flotte de pêche de l’Italie et de la Croatie, dans la partie nord de l’Adriatique. Les seuls autres États membres concernés par cette pêcherie sont la Slovénie (qui possède moins de 1 % de l’ensemble des captures), l’Albanie et le Monténégro (qui détiennent une fraction minime des captures).
Le champ d’application du plan pluriannuel présenté vise les stocks de petits pélagiques (anchois, sardine, maquereau et chinchard) en Adriatique. Les objectifs du plan pluriannuel sont d’atteindre et de maintenir un rendement maximal durable (RMD) pour les stocks concernés. Les objectifs proposés sont exprimés en fourchettes de mortalité par pêche, avec une échéance fixée à 2020 au plus tard. Ces fourchettes sont proposées pour l’anchois et la sardine. Il est prévu aussi des niveaux de référence de conservation, exprimés en tonnes de biomasse du stock reproducteur.
Réduction des TAC. Des mesures de sauvegarde et des mesures de conservation spécifiques pourront être adoptées. Lorsque les avis scientifiques indiquent que l’un des stocks concernés se situe en dessous des niveaux de conservation, le total admissible de captures (TAC) pour ce stock doit être réduit. Cette mesure peut être complétée par des mesures techniques ou des mesures d’urgence de la Commission ou des États membres.
En outre, le plan prévoit des dispositions liées à l’obligation de débarquement et en matière de contrôle. En ce qui concerne les journaux de pêche électroniques et le système de surveillance des navires, les dispositions sont étendues à l’ensemble des navires de plus de huit mètres afin d’améliorer le contrôle des pêcheries couvertes par le plan pluriannuel. S'agissant des règles sur les ports désignés, la proposition prévoit un seuil (2 000 kg pour chacune des deux espèces) au-delà duquel l’anchois et la sardine doivent être débarqués uniquement dans les ports disposant de contrôles renforcés.
Un cadre jusqu'alors inefficace. Les mesures de gestion actuelles se sont révélées inefficaces. Les avis scientifiques les plus récents indiquent que l’anchois et la sardine sont toujours « surexploités » en mer Adriatique et les stocks « devraient continuer à décliner », signale la Commission. « Nous sommes loin de l’objectif d’exploitation des stocks au rendement maximal durable (RMD) d’ici 2020 au plus tard ». (Lionel Changeur)