login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 11711
ACTION EXTÉRIEURE / Migration

La Commission veut prévenir les départs de migrants depuis la Libye

Alors que l’Italie a enregistré le nombre record de 181 000 arrivées de migrants en 2016, la Commission européenne a proposé, mercredi 25 janvier, une série de mesures visant à endiguer les flux migratoires depuis la Libye, notamment l’entraînement des gardes-côtes libyens ou l’aide aux pays voisins de la Libye, comme la Tunisie, l’Algérie ou l’Égypte.

Ces actions, qui serviront de base aux discussions des leaders européens lors du sommet informel de Malte vendredi 3 février, bénéficieront d'une modeste enveloppe de 200 millions d’euros pour 2017.

La première tâche est toutefois d’éviter les naufrages en mer, a affirmé la Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini. Près de 5 000 personnes ont en effet perdu la vie en mer en 2016. En Méditerranée centrale, 90% des départs de migrants vers l’UE se font depuis la Libye et ces naufrages ont, par ailleurs, eu lieu dans les eaux territoriales libyennes. « Il revient donc aux autorités libyennes de prévenir ces naufrages » tout comme de démanteler les réseaux de passeurs, a argumenté Mme Mogherini.

Les mesures envisagées comportent ainsi des enveloppes additionnelles d’1 million d’euros pour le programme Seahorse, une déclinaison régionale du programme européen de surveillance maritime Eurosur, et de 2,2 millions d’euros pour soutenir un autre accord italien de ce type, portant aussi sur l’entraînement des gardes-côtes libyens. La Haute Représentante a ainsi écarté le risque que cet argent, même modeste, mis à disposition des gardes-côtes libyens, disparaisse sans contrôle.

Une tâche compliquée par la situation politique en Libye

Mme Mogherini, qui avait évoqué la veille la situation politique en Libye avec le représentant spécial de l’UE pour ce pays, Martin Kobler, a dit que la coopération avec les autorités libyennes passait surtout par le Premier ministre Fayez al-Sarraj, qu’elle doit rencontrer la semaine prochaine, et via les municipalités libyennes, qui ont un lien direct avec la population.

Mardi, le commissaire aux Migrations, Dimitris Avramopoulos, avait toutefois expliqué à la commission 'Libertés civiles' du Parlement européen qu’il était encore difficile de trouver des interlocuteurs en Libye. La Commission a essayé de nouer des contacts « mais on est loin de pouvoir dire qu’on a réussi à entrer en discussion avec eux », avait-il confié, soulignant la situation « très complexe à gérer » sur le terrain.

Mme Mogherini, dont le pays d’origine est très sensible au sujet tout comme Malte, a toutefois expliqué mercredi que les autorités libyennes avaient elles-mêmes demandé une aide à la formation de leurs gardes-côtes.

L’UE veut aussi renforcer la frontière sud de la Libye, avec le déploiement des missions et des projets pour soutenir les autorités libyennes dans la gestion des frontières et la protection des migrants. L’UE a déjà une mission d’assistance à la frontière en Libye, mais pour des questions de sécurité, celle-ci est actuellement basée à Tunis.

Ne pas répliquer avec la Libye ce qui a été fait avec la Turquie

Reste que les deux commissaires ont spécifié, mercredi, que la Commission n’avait pas l’intention de dupliquer avec la Libye l’accord que l'UE a noué en mars 2016 avec la Turquie pour faire face à l'afflux migratoire en Mer Égée (EUROPE 11515). Les deux pays n’ont rien de comparable, les flux migratoires ne sont pas non plus de la même essence, ont précisé les deux responsables.

La Commission a ainsi coupé court aux spéculations nées des propos du Premier ministre maltais, Joseph Muscat, qui avait déclaré, la semaine dernière à Strasbourg, vouloir travailler avec la Libye sur un accord reproduisant les mêmes effets que l'accord scellé avec la Turquie (EUROPE 11706).

Pour le reste, la Commission a proposé d’intensifier la lutte contre les passeurs et les trafiquants, en veillant à ce que le réseau méditerranéen Seahorse soit opérationnel d'ici au printemps 2017 pour renforcer les autorités frontalières des pays nord-africains et permettre une meilleure coopération opérationnelle entre elles.

L'enveloppe de 200 millions d’euros doit aussi financer des projets de protection des migrants en Libye, de réinstallation et de retours volontaires des migrants dans leur pays d’origine, cela en soutenant la coopération entre l'Agence des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR) avec les autorités libyennes et en aidant l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) à développer son programme d'aide au retour volontaire depuis la Libye vers les pays d'origine.

La Commission insiste sur le renforcement du dialogue avec les pays voisins de la Libye ainsi qu'entre la Libye et ces mêmes pays. Elle veut aussi poursuivre son soutien aux projets lancés dans les pays africains clefs comme ceux menés au Niger dans le cadre des partenariats ciblés lancés en juin 2016. (Solenn Paulic avec Camille Cerise Gessant)

Sommaire

ACTION EXTÉRIEURE
POLITIQUES SECTORIELLES
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
SOCIAL
INSTITUTIONNEL
COUR DE JUSTICE DE L'UE
CONSEIL DE L'EUROPE
BRÈVES