Le président américain élu, Donald Trump, qui prendra ses fonctions le 20 janvier prochain, a annoncé, mardi 3 janvier, qu'il nommerait l'avocat d'affaires Robert Lighthizer au poste de représentant américain au Commerce extérieur (USTR).
Ancien numéro deux du bureau du USTR sous le président républicain Ronald Reagan dans les années 1980, M. Lighthizer, 69 ans, est spécialiste des questions commerciales au sein d'un cabinet d'avocats à Washington, défendant les intérêts d'entreprises agricoles, industrielles et high tech.
« Il a une grande expérience des accords qui protègent certains des plus importants secteurs de notre économie et il s’est souvent battu dans le secteur privé pour protéger les Américains de mauvais accords », a commenté M. Trump, dans un communiqué. « Il fera un travail formidable pour tourner la page des politiques commerciales qui ont privé tant d’Américains de la prospérité », a-t-il ajouté.
M. Lighthizer, dont la nomination devra être confirmée par le Sénat, devra se coordonner avec le secrétaire au Commerce désigné, le milliardaire Wilbur Ross, 79 ans, et Peter Navarro, 67 ans, économiste adversaire acharné de la Chine, qui doit prendre la tête d’un nouveau bureau dépendant de la Maison-Blanche, le Conseil du commerce national.
M. Trump a par ailleurs nommé Jason Greenblatt, le conseil juridique en chef de son entreprise, Trump Organization, au poste de représentant spécial en charge des négociations internationales. M. Greenblatt assistera M. Trump dans les négociations internationales de tout type et pour les accords commerciaux à travers le monde.
M. Trump n'a en revanche toujours pas annoncé le nom du futur secrétaire américain en charge de l'Agriculture. Début janvier, l'ancien gouverneur de l'État de Géorgie, Sonny Perdue III, tenait la corde, cité par des sources familières de la question.
L'UE dans l'attente. « Après l’élection de Donald Trump, le TTIP (l'accord de libre-échange UE/États-Unis négocié depuis juillet 2013, NDLR) est dans une boîte que nous rouvrirons peut-être un jour. Nous sommes en train de mettre au propre ce que nous avons négocié depuis trois ans avant de publier un résumé », a indiqué la commissaire au Commerce, Cecilia Malmström, dans un entretien au quotidien français Libération, au tout début janvier.
Mme Malmström avait dit s'attendre, lors de la dernière réunion des ministres du Commerce de l'UE, le 11 novembre, à un gel des négociations TTIP pour une durée incertaine, au lendemain de l'élection de M. Trump à la Présidence des États-Unis, affirmant que la balle était désormais dans le camp américain pour la suite du processus (EUROPE 11666).
Les négociations TTIP n'ont pas abouti, comme longtemps espéré par les deux parties, avant le terme du mandat du président américain sortant, Barack Obama.
L'objectif de l'UE reste de conclure un accord « ambitieux, équilibré et complet », comme l'a souligné le Conseil européen du 21 octobre (EUROPE 11652).
Malgré d'importants progrès dans le pilier réglementaire, enregistrés depuis le début des négociations et lors du 15ème et dernier round de pourparlers à ce jour, début octobre (EUROPE 11641), un écart important persistait concernant l'accès au marché. (Emmanuel Hagry)