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Bulletin Quotidien Europe N° 11679
POLITIQUES SECTORIELLES / Transports

La Commission prépare l’avènement des voitures coopératives et connectées pour 2019

Parmi les nombreuses initiatives annoncées mercredi 30 novembre (voir autre nouvelle), la Commission européenne a discrètement présenté une initiative aux accents futuristes pour préparer l’essor des transports intelligents et coopératifs (STI-C) d’ici 2019.

« Je suis sur l’autoroute et, pour une raison ou une autre, je dois freiner très fort. Vous, vous êtes derrière moi, mais trop loin pour le remarquer. Au même moment vous recevez un SMS et vous consultez votre téléphone portable. C’est l’accident grave assuré », explique une source de la Commission. « Maintenant, imaginez que vous receviez une notification de ma voiture disant ‘Attention, je suis là devant, en train de freiner très fort’…et bien vous freinez doucement  et l’accident est évité », poursuit-elle, afin d’illustrer le potentiel que représenteraient ces futurs services en matière de sécurité routière.

Ainsi, l’initiative, détaillée par EUROPE plus tôt dans la semaine (EUROPE 11677), définit deux types de services : - les services dits ‘Day 1’, qui devront être opérationnels dès 2019 et qui portent sur des points cruciaux liés à la sécurité ; - et les services dits ‘Day 1,5’, qui seront développés par la suite progressivement, comme la localisation de bornes de recharges pour les véhicules électriques.  

Il s’agit avant tout d’une stratégie se concentrant sur le court et moyen terme, les technologies existant déjà, nous explique-t-on. La mise en place de ces services nécessite en effet un travail de normalisation des « langages » de communication,  appelés aussi « communication hybride », qui désigne les échanges directs entre les véhicules, entre les véhicules et les infrastructures et aussi à un niveau supérieur et indirect (via le réseau cellulaire), ceci afin de garantir l’interopérabilité des services sur tout le territoire européen.

Car l’un des grands enjeux de cette stratégie est d’éviter la fragmentation du marché européen et de définir les priorités communes afin de garantir la continuité et la disponibilité des services STI-C dans toute l’UE. La stratégie se penche ainsi sur la manière de sécuriser les communications et d’assurer le respect de la protection des données privées, de mettre sur pied un cadre juridique sûr, notamment pour les investisseurs publics et privés, ou encore de renforcer la coopération internationale dans ce domaine. Sur ce dernier, point, il est à noter qu’une coopération internationale existe déjà avec l’Australie, le Japon, Singapour, les États-Unis, et au sein du G7.

Cette stratégie vient s’inscrire dans la droite ligne des recommandations de la déclaration d’Amsterdam (EUROPE 11532, 11533) et est le fruit d’une ample consultation par le biais de la plateforme STI-C, qui avait débuté en novembre 2014, et dont les résultats avaient été présentés en janvier (EUROPE 11474). Une nouvelle plateforme C-Roads a été lancée en octobre, à laquelle participent 12 États membres (Autriche, Belgique, République tchèque, Finlande, France, Allemagne, Hongrie, Italie, Pays-Bas, Slovénie, Suède et Royaume-Uni). Cette plateforme sera le prolongement de la plateforme STI-C et visera à faciliter l’échange de bonnes pratiques et garantir « l’apprentissage par la pratique » (‘learning by doing’) entre les États membres, privilégiant ainsi l’approche ascendante (‘Bottom – up approach’).

Par ailleurs, il est à noter que le Mécanisme d’interconnexion en Europe (MIE) finance des expériences en conditions réelles, actuellement menées dans 13 États membres (Autriche, Belgique, République tchèque, Allemagne, Danemark, Espagne, Finlande, France, Pays-Bas, Norvège, Suède, Slovénie, Royaume-Uni). (Pascal Hansens)

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