Stephen O’Brien, secrétaire général adjoint pour les Affaires humanitaires, et Coordinateur des secours d’urgence aux Nations Unies, a souligné, mardi 29 novembre au Parlement européen, que l’aide humanitaire apportée en Syrie ne suffisait plus face à l'échelle du désastre.
« Alep est devenue le climax de l’horreur. Il faut impérativement résoudre le conflit », a-t-il déclaré en présence de Staffan de Mistura, envoyé spécial de l’ONU chargé de la recherche d'une résolution pacifique au conflit en cours en Syrie.
Depuis samedi 26 novembre, plusieurs positions rebelles se sont effondrées à Alep et plus de 16 000 civils ont fui la ville durant les derniers jours. L’armée syrienne et ses milices tiennent désormais près d’un tiers de la partie insurgée d’Alep. La chute de la ville au profit du régime el-Assad, qui marquerait un tournant dans le conflit syrien, est un scénario plausible.
C’est dans ce contexte humanitaire « urgent » et « effrayant » que M. O’Brien a dressé un bilan froid de la situation actuelle, persuadé que le Parlement européen a un rôle à jouer dans la résolution du conflit. « Les viols sont courants, des enfants sont recrutés, tous types de munitions sont utilisées, les villes sont assiégées, les morts et blessés sont innombrables, l’espérance de vie ne dépasse plus les 20 ans et plus de 6,5 millions de personnes ont été déplacées – votre Parlement européen est fondamental ! », a-t-il lancé.
Les Nations Unies sont d’ores et déjà parvenues à apporter de l’aide à plus de 5,8 millions de Syriens, grâce aux nombreuses opérations aériennes et à l’acheminement de plus de 420 convois de la Croix rouge. Trois millions de personnes ont été nourries par l’ONU, qui a également apporté de l’aide en matière d’hygiène ainsi que des abris aux populations civiles.
Appel à l'aide financière et à l'engagement politique de l’UE
Plusieurs groupes politiques ont demandé aux deux diplomates ce que les Nations Unies attendent concrètement de la part de l’UE. « Quelles sont les possibilités pour que l’UE soit de nouveau active et qu’elle puisse reparticiper au processus de paix ? Qu’attendez-vous concrètement de nous ? », a demandé le député européen Lars Adaktusson (PPE, suédois).
Au cours des derniers mois, le conflit s’est fortement militarisé et la résolution du conflit par l’intermédiaire d’une solution purement politique, comme l’a une nouvelle fois prôné Staffan de Mistura, semble désormais difficile.
« Nous avons en premier lieu besoin d’argent. Votre parlement doit par ailleurs nous aider à mettre fin au massacre. Le monde a besoin d’une Europe qui s’engage, qui fournit de l’assistance aux gens qui en ont besoin. La communauté internationale doit impérativement s’unir pour mettre fin à cette honte humanitaire qui plane sur nous ! », s’est insurgé Stephen O’Brien. (Thomas Régnier, stagiaire)