La Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, sera à Tunis mardi 1er novembre, une visite qui a essentiellement pour but de rassurer les Tunisiens sur la permanence de l’appui européen au redressement économique et à la stabilisation politique de leur pays.
Mme Mogherini doit rencontrer les principaux dirigeants du pays, notamment le président Beji Caïd Essebsi, attendu début décembre à Bruxelles. Elle participera à l’inauguration d’un projet de dépollution du Lac de Bizerte, au nord du pays, financé par la BEI et elle aura des entretiens avec des représentants de la société civile.
Depuis fin septembre et la publication d’une communication conjointe de la Commission européenne et du Service européen pour l'action extérieure, l'UE affirme son intention de doubler son aide financière en 2017 (300 millions d’euros) et de maintenir ce soutien renforcé jusqu’en 2020. Pour assurer la plus grande efficacité à cet appui, les Tunisiens sont appelés à presser le pas dans l’accomplissement de leurs réformes et à remettre de l’ordre dans leur économie. L’urgence de ces réformes est ressentie à Tunis comme à Bruxelles.
« Les clivages s’ancrent, la Tunisie s’atomise », écrit lundi un éditorialiste de la place. « Tous les bons ingrédients sont réunis et pourtant la Tunisie ne se remet pas au travail », écrit l'éditorialiste Tewfik Habaieb : « Les grands choix de société ont été tranchés par la Constitution. La démocratie et la modernité sont plébiscitées, nonobstant quelques poches réduites de résistance parmi des salafistes partisans de la charia et prônant le jihad (…) ce liant fort n’est malheureusement pas activé ».
Sa conclusion : la Tunisie « continue de naviguer à vue ». L’UE, comme tous les partenaires extérieurs ne sont pas hors de cet enjeu : « Trop d’influence extérieure, trop peu d’engagements effectifs au soutien économique et financier (...). Dons, crédits et autres facilités consenties ne sont pas pour autant assez conséquents avec les enjeux en Tunisie et dans la région, ne suffisent pas pour consolider la démocratie et changer la donne dans le pays ». (Fathi B’Chir)