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Bulletin Quotidien Europe N° 11658
ACTION EXTÉRIEURE / MÉditerranÉe

Les pays du bassin occidental consolident leur coopération

Les ministres des Affaires étrangères des pays de la Méditerranée occidentale, réunis vendredi 28 octobre à Marseille sous la présidence conjointe franco-marocaine (EUROPE 11656), ont affirmé leur conviction d’être « unis par de nombreux liens, de partager un destin commun » et de devoir agir collectivement face aux défis politiques et sécuritaires, économiques et, en particulier, pour ce qui concerne l’avenir de la jeunesse et les migrations.  

Leurs pays, engagés dans un « dialogue 5+5 », sont cinq États membres de l’UE de l'aire méditerranéenne (Espagne, Portugal, France, Italie et Malte) et tous les membres de l’Union du Maghreb arabe (Libye, Tunisie, Algérie, Maroc et Mauritanie).

« C’est ensemble que nos pays affronteront les crises et les difficultés de notre région », ont-ils convenu, selon des sources directes, en déclarant s’engager ensemble dans « l’approfondissement » de leurs relations dans tous les domaines, en particulier humains, pour faire de leur espace commun une « zone de paix et de prospérité partagée pour les générations futures ». Cela passera, selon leurs conclusions communes, par le renforcement de la coopération et de la complémentarité et l’agir ensemble dans les différentes enceintes concernées par la région (UE, Union pour la Méditerranée, l’Union du Maghreb Arabe, Fondation culturelle Anna Lindh et Bureau de liaison euro-arabe de La Valette).

Stabiliser la région leur paraît être une nécessité urgente. Le « dialogue 5+5 » demeurera une structure informelle et agira par le biais de ces organisations et sous la supervision de ses dix gouvernements membres. Des « dialogues sectoriels » seront privilégiés pour approfondir la coopération en direction de la jeunesse, de l’emploi des femmes et pour la promotion de leur rôle dans la société, pour réduire la fracture numérique, pour soutenir les PME, protéger l’environnement et promouvoir le développement durable.

L’Algérie, qui vient d’accéder pour deux ans à la coprésidence du ‘5+5’ compte appuyer davantage cette approche et rappelle qu’elle a déjà pris « l’initiative d’un segment relatif à l’agriculture et à la sécurité alimentaire, d’un autre relatif aux énergies renouvelables et à l’environnement et, plus récemment, d’un autre segment relatif aux ressources en eau », tout comme sur « la protection du littoral de la Méditerranée occidentale et le sauvetage en mer », a dit son ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra. « Nous avons l’intention d’approfondir ce dialogue sur tous les thèmes politiques et sur toutes les problématiques ».

L’Algérie estime son rôle encore plus important sur le thème de la sécurité et de la lutte contre le terrorisme et la radicalisation. Son ministre des Affaires étrangères a annoncé qu’une « réunion ministérielle des ‘5+5 Défense’ (que son pays préside depuis janvier 2016) se tiendra à Alger au mois de décembre prochain ». Il a affirmé que la lutte contre le terrorisme nécessite une « approche multidimensionnelle pour son éradication » ajoutant : « mon pays, qui a souffert des affres du terrorisme, a su vaincre ce fléau et sortir de la crise, seul, vainqueur et nanti d’une expérience qu’il est prêt à partager avec tous les partenaires ».

La question des migrants a été évoquée et la conclusion commune est qu’une « approche globale et équilibrée » est à recommander, alliant le contrôle des flux illégaux et les encouragements aux échanges humains. La « mobilité facilitée » a, selon des sources directes, « toujours prévalu dans l’histoire de la Méditerranée » et cela passe par la mise en avant de l’enrichissement que constituent les « diasporas ». Il est aussi « important de veiller à mettre les communautés maghrébines établies en Europe 'à l’abri' des dérives xénophobes, racistes et islamophobes», aurait insisté le ministre algérien, coprésident jusqu’à fin 2018.

Les ministres ont échangé leurs vues sur les conflits dans la région et au Moyen-Orient (Libye, Syrie, Iraq, Palestine) et on retiendra en particulier l’appui réitéré au gouvernement de Fayez Sarraj. Il n’y a pas d’autres voies que celle ouverte par l’accord politique libyen signé le 17 décembre 2015 à Skhirat, ont affirmé les dix ministres pour lesquels, clairement, la solution ne peut être que politique. (Fathi B’Chir)

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