« La Russie ne respecte absolument pas les Accords de Minsk et l’Union européenne perd toute crédibilité en étant beaucoup trop souple dans la mise en œuvre des sanctions économiques prévues contre Moscou », a déclaré Rebecca Harms (Verts/ALE, allemande), qui présidait le débat tenu au Parlement européen, mercredi 19 octobre, auquel ont participé Andrey Piontkovsky, écrivain et analyste politique russe, Anastasia Kirilenko, journaliste russe, Oleksii Makeiev, directeur politique du cabinet des Affaires étrangères ukrainien et Alexander Hug, chef adjoint de la Mission spéciale de l’OSCE en Ukraine.
Pour rappel, l’UE avait imposé des sanctions économiques à la Russie pour son agression contre l’Ukraine, à la suite de la révolution de 2014. Deux ans après la signature des Accords de Minsk censés mettre fin au conflit armé dans l'Est de l'Ukraine, la Russie continue cependant à s’ingérer dans les affaires intérieures de son voisin, notamment à travers la poursuite de l'occupation de la Crimée ou encore la persistance des échauffourées sur la ligne de front à l’Est de l’Ukraine. « La Russie dispose d’une traduction plutôt créative du protocole de Minsk », a insinué Mme Kirilenko.
En 2016, 173 Ukrainiens ont encore perdu la vie sous les balles russes, ce qui vient alourdir le bilan à plus de 10 000 victimes depuis le début du conflit. « La Russie mène une véritable guerre en Ukraine. L’UE doit enfin cesser d’employer des mots doux avec M. Poutine, cela n’a jamais fonctionné. Il est temps d’agir et l’UE, en tant que puissance économique, dispose de bons moyens pour faire reculer Moscou. », a affirmé Oleksii Makeiev.
Les positions des spécialistes conviés au débat ont convergé : l’UE doit impérativement, selon eux, mettre à exécution ses sanctions économiques contre la Russie, afin que le « sang cesse de couler » en Ukraine, que le pays retrouve ses frontières internationalement reconnues, que des élections libres soient organisées dans les territoires occupés et que Moscou « montre enfin un visage plus démocratique ». (Thomas Régnier, stagiaire)