Le directeur de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA) au Liban, Matthias Schmale, a demandé, vendredi 9 septembre, à l’Union européenne, un soutien financier, mais aussi un « soutien d’influence ». Il a aussi souhaité que les réfugiés palestiniens ne soient pas oubliés.
65% des 270 000 réfugiés palestiniens au Liban qui utilisent les services de l’UNRWA vivent en dessous du seuil de pauvreté. La moitié de ces réfugiés vivent dans 12 camps bondés, que M. Schmale a qualifiés de « ghettos », précisant que des câbles électriques traînaient partout entraînant des décès par électrocution, ou encore des problèmes de sécurité. Ces migrants ont été rejoints, depuis le début de la guerre en Syrie, par 40 000 réfugiés palestiniens qui habitaient précédemment en Syrie (dont 10 000 ont quitté depuis le pays).
« Nous ne demandons pas seulement un soutien financier, mais aussi un soutien d’influence, car l’UE est un partenaire important du gouvernement du Liban », a expliqué M. Schmale, lors d’une rencontre avec EUROPE et l’agence de presse koweïtienne Kuna, à Bruxelles. Tout en rappelant l’énorme poids que subit le Liban, avec plus d’1,5 million de réfugiés, le directeur de l’UNRWA a souhaité que le pays adopte une attitude plus souple envers les réfugiés. « D’une façon appropriée, nous devons mettre les autorités libanaises au défi de faire plus concernant l’ouverture de possibilités d’emploi, la fourniture de documents de voyage appropriés pour les réfugiés qui veulent quitter le pays, car ils ont trouvé un travail ailleurs, et concernant leur droit à la propriété », a-t-il expliqué. Seules 36 professions sont actuellement autorisées pour les réfugiés palestiniens. M. Schmale a ajouté qu’il était difficile d’obtenir un permis de travail et la protection sociale. Il a expliqué que la question de l’intégration des réfugiés était une question très sensible pour les Libanais et que ce n’était pas l'intégration que l’UNRWA demandait, mais que soient offertes aux réfugiés plus d’opportunités.
Tout en remerciant l’Union européenne pour son soutien financier envers son organisation et, notamment, pour ses actions au Liban – 46 millions d’euros pour des projets, 44 millions d'euros de contribution pour des besoins urgents sur la période 2007-2015, et une aide pour les réfugiés palestiniens syriens d’environ 2,7 millions d’euros - le directeur de l’UNRWA a souhaité que l’UE fasse un geste supplémentaire et pousse les autres membres des Nations Unies à en faire autant. « L’UE est le deuxième plus grand donateur de l’UNRWA, mais nous avons toujours besoin de plus d’argent », a résumé M. Schmale. Il a précisé que le budget, comme l’an dernier, est en déficit. « Nous demandons plus pour le budget de base ('core budget') pour assurer la stabilité de nos services essentiels » dont la santé, l’éducation, la réhabilitation des camps, a-t-il ajouté. Le 8 septembre, le commissaire général de l’UNRWA, Pierre Krähenbühl, a annoncé qu’il manquait 96,5 millions de dollars, soit 86 millions d’euros pour boucler le budget. (Camille-Cerise Gessant)