Les ministres de l’Agriculture des États membres de l’UE sont réunis à Bratislava, lundi 12 et mardi 13 septembre, pour évoquer notamment les mesures à prendre pour renforcer la position des agriculteurs dans la chaîne d’approvisionnement alimentaire (EUROPE 11620).
En marge de la réunion informelle du Conseil Agriculture, dans la capitale slovaque, le commissaire européen Phil Hogan a dit à quelques journalistes, lundi, lors d’une visite dans les campagnes, que la Commission européenne devrait faire une proposition sur la chaîne d’approvisionnement alimentaire après la publication, fin novembre ou début décembre, du rapport de la task force sur les marchés agricoles.
La Présidence slovaque du Conseil et la Commission souhaitent que le Conseil Agriculture débatte du sujet en décembre. Le Conseil pourrait adopter des conclusions sur le renforcement de la position des agriculteurs dans la chaîne d’approvisionnement alimentaire.
« Envisagez-vous une législation de l’UE sur ce thème ? » M. Hogan a répondu à un journaliste qu’il fallait d'abord attendre le rapport de la task force. Les ministres autrichien et espagnol, lors d'une rencontre avec la presse, ont indiqué vouloir une législation forte, à l’échelle européenne, pour contrecarrer les pratiques commerciales déloyales.
La Présidence slovaque a rappelé la position forte du Parlement européen, en faveur d’une législation pour remédier à de telles pratiques. « C’est un bon signal », a dit la ministre slovaque. Pour M. Hogan, il convient d’accorder aux agriculteurs davantage d'opportunités d’être des vrais acteurs dans la chaîne d’approvisionnement, en termes de prix. Il faut plus d’équité dans la chaîne d’approvisionnement, a conclu le commissaire.
Le Copa-Cogeca (organisations et coopératives agricoles de l'UE) demande une législation européenne destinée à lutter contre les pratiques déloyales au sein de la chaîne alimentaire et à garantir aux producteurs des recettes équitables.
Stabilisation des revenus. Des outils de gestion de crise et de stabilisation des revenus sont disponibles dans le cadre du second pilier de la PAC (politique agricole commune), le développement rural. Mais ils ont été peu utilisés par les États membres.
M. Hogan a indiqué que seulement 345 millions d’euros avaient été affectés par les pays à des mesures de gestion de crise (contre 99 milliards d’euros au total de fonds de l’UE pour les programmes de développement rural 2014-2020). Via un règlement ‘omnibus’ qui sera présenté très prochainement, la Commission va tenter de réduire les charges administratives pour rendre ces outils (fonds de mutualisation, assurances, outil de stabilisation des revenus) plus attractifs.
En outre, la Commission souhaite encourager l’utilisation d’instruments financiers, avec l’aide de la Banque européenne d’investissement, dans trois domaines : entrée des jeunes dans le métier, réforme du secteur du lait et bio-économie. (Lionel Changeur)