On ne compte plus les rendez-vous manqués sur la taxe sur les transactions financières. Malgré les promesses faites en juin dernier, aucun rendez-vous n'a été pris au mois de septembre.
Pour rappel, avant l’été, les dix États participant au projet avaient décidé de mettre en place deux groupes de travail pour examiner, d’ici septembre, deux sujets épineux des négociations : un groupe, mené par l’Italie étudierait l'impact de la taxation des produits dérivés sur le financement souverain, l’autre, mené par l'Allemagne, s’intéresserait aux coûts de mise en œuvre de la taxe par rapport aux revenus espérés.
Lors de la réunion informelle des ministres européens des Finances qui se tenait à Bratislava pendant le week-end du 10 au 12 septembre, la question n’a été abordée qu’à Vingt-Huit, lors de la discussion sur la ‘certitude fiscale’. « Est-ce que cela marchera un jour ? », s’est interrogé le ministre allemand, Wolfgang Schäuble, lors de la réunion à huis clos, selon une source proche du dossier. M. Schäuble n’a jamais caché penser que la difficulté des discussions était exacerbée par le fait que seuls onze pays (désormais dix) avaient choisi de rejoindre la coopération renforcée visant à mettre en place une telle taxe. « Je voudrais vous demander à tous de vous joindre à nous et, dans un court laps de temps, nous aurions bien plus de succès ». Tel était l’appel qu’il avait lancé à ses pairs en décembre 2015 (EUROPE 11448). Peut-être la solution n’est-elle possible qu’au niveau mondial ?, s'est-il encore interrogé pendant le week-end. Il compte ainsi profiter de la présidence allemande du G20 pour mettre l’idée sur la table. La Belgique a dit soutenir cette approche.
Cela ne veut pour autant pas dire que les discussions à Dix ne vont pas se poursuivre. « J’espère que personne ne va se retirer (de la coopération renforcée, NDLR) et que l’on verra de la lumière (…) il y avait une base globale pour un accord, il appartient aux États membres de lever leurs dernières réserves. (…) J’espère que nous serons capables de faire des progrès d’ici la fin de l’année », a déclaré samedi le commissaire européen à la Fiscalité, Pierre Moscovici. (Élodie Lamer)