« Les présidences tournantes du Conseil se succèdent, mais rien ne change » : c’est sur ce constat que s’est ouverte la première rencontre entre la Présidence tournante du Conseil de l’UE et la commission parlementaire des droits de la femme et de l’égalité des genres, jeudi 1er septembre au Parlement européen.
Le ton est donné, de part et d’autre. Cette déclaration, faite par la présidente de la commission FEMM, Iratxe Garcia Perez (S&D, espagnole), a été soutenue par la suite par les coordinatrices des groupes PPE et ELDD. Elle a énervé le ministre slovaque du Travail, des Affaires sociales et de la Famille, Jan Richter. « Six mois, c’est court. Nous voulons être concrets », a-t-il déclaré pour expliquer le peu de référence à l’égalité des genres dans le programme semestriel de la Présidence. « La Commission va de l’avant en ignorant les voix discordantes. Le dossier du détachement des travailleurs en témoigne : 11 cartons jaunes seulement ! Cela montre que la Commission ne prépare pas bien le terrain avant d’adopter ses propositions », a même osé le ministre, en fin de réunion.
Pour rappel, le programme de travail de la Présidence slovaque ne fait aucune mention de la directive anti-discrimination, bloquée depuis plus de 6 ans au Conseil, ni de la directive sur les quotas de femmes dans les conseils d'administration (EUROPE 11590). Depuis le début des négociations, la Slovaquie (soutenue par les Pays-Bas) est opposée à ce dernier texte qui charge les entreprises cotées en bourse d'instaurer des procédures de recrutement transparentes pour parvenir à 40% de femmes dans leur conseil d'administration. Pressé par les questions des eurodéputés, le ministre Richter a néanmoins indiqué que « la Présidence espère aboutir à une solution avant la fin de son mandat sur les quotas de femmes dans les conseils d’administration ».
L’autre gros sujet à l’ordre du jour était la ratification, par l’UE et par la Slovaquie, de la convention d’Istanbul (principal instrument du Conseil de l’Europe pour prévenir et combattre la violence à l'égard des femmes et la violence domestique). « La convention d’Istanbul figure parmi nos priorités. La Slovaquie va adopter un projet de loi contre la violence faite aux femmes. Cela nous permet de gagner du temps, car le processus de ratification de la convention d’Istanbul est long. Nous faisons ainsi preuve de réalisme », a indiqué le ministre.
Pour le reste, il a exprimé son intention de faire progresser les discussions sur l’acte pour l’accessibilité. Il a par ailleurs invité les eurodéputés à une série de conférences en Slovaquie, comme celle sur les femmes et la pauvreté, les 7 et 8 septembre, sur l’équilibre vie privée/vie professionnelle, les 20 et 21 septembre, ou encore sur les minorités ethniques, les 10 et 11 octobre 2016.
La veille, le ministre Richter était en commission de l’emploi et des affaires sociales où il a parlé du détachement des travailleurs, du chômage des jeunes ainsi que de la santé et la sécurité des travailleurs. (Sophie Petitjean)